Besançon. Le CHU vent debout contre le sexisme grâce à un projet immersif et original

Le CHU de Besançon s’attaque au sexisme au travail avec un dispositif aussi immersif qu’original. Des scènes inspirées du quotidien hospitalier ont été filmées à 360 degrés par une boite de production pour créer des capsules de réalité virtuelle destinées aux agents.

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Le réalisateur des vidéos installant la caméra 360° dans une chambre du CHU ©PG

Le sexisme n’épargne aucun milieu professionnel. L’hôpital ne fait pas exception. Face à ce constat, le CHU de Besançon a fait un choix fort : s’emparer du sujet en développant un nouvel outil de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles en milieu professionnel. Une initiative originale qui repose sur la réalisation de plusieurs capsules vidéos immersives destinées aux agents qui ont été tournées début septembre.

Tout est parti d’un appel à projets consacré aux démarches innovantes en faveur de l’égalité professionnelle. Le CHU de Besançon a souhaité profiter de cette opportunité pour expérimenter une méthode de sensibilisation différente des traditionnelles formations. Pour concevoir ce dispositif, le CHU s’est associé à Reverto, une start-up lyonnaise spécialisée dans la création de supports visuels destinés notamment à sensibiliser aux risques psychosociaux en entreprise. « Ce que nous souhaitions avec ce projet, c’est qu’il touche un maximum d’agents » confie l’une des responsables du CHU.

Une plongée au cœur du sexisme ordinaire

Le principe est particulièrement immersif. Des scènes inspirées de situations susceptibles de se produire dans le quotidien d’un hôpital ont été filmées avec une caméra à 360 degrés. Remarques déplacées, attitudes sexistes ou situations de violences : les scénarios ont été élaborés conjointement par les équipes du CHU et la société de production afin de coller au plus près de la réalité du terrain. Les scènes ont été tournées directement dans différents espaces de l’hôpital, avec des acteurs professionnels. Des services administratifs aux blocs opératoires, en passant par les services où exercent médecins, infirmiers et infirmières, ou encore les espaces de restauration, l’ensemble des lieux de l’hôpital ont été concernés par le tournage. « L’idée est vraiment que tout le monde puisse s’identifier à ces situations » souligne l’un des réalisateurs.

Les images seront ensuite transformées en capsules vidéo de réalité virtuelle par la start-up et destinées à être diffusées en interne. Équipés d’un casque, les agents pourront ainsi vivre la scène de manière immersive, avec l’objectif de mieux comprendre ce que peut ressentir une personne confrontée à une situation sexiste ou à une violence sexuelle sur son lieu de travail.

Des vidéos immersives pour susciter le débat et la réflexion…

La vidéo ne constitue toutefois que la première étape du dispositif. Après le visionnage des capsules, un temps d’échange sera proposé aux agents. L’objectif est de permettre la discussion autour des situations observées, de questionner les comportements et d’identifier les mécanismes du sexisme ordinaire. Un module pédagogique viendra compléter cette séquence afin d’apporter des clés de compréhension et de sensibiliser plus largement les professionnels aux violences sexistes et sexuelles. Les vidéos devraient être mises à disposition du CHU courant décembre, pour une diffusion aux agents dès le début d’année 2027.

Mais le CHU ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. En plus de ce projet, les services entendent multiplier les supports visuels pour toucher un maximum d’agents. Les capsules de réalité virtuelle doivent ainsi s’accompagner de campagnes d’affichage et d’actions de formation pédagogique autour du sexisme. Reste désormais à mesurer l’impact de cette initiative sur les comportements. Un pari ambitieux alors que le sexisme reste encore profondément ancré dans de nombreux environnements professionnels.