L’invité de la semaine. « Participer aux prochains JO, c’est un rêve » : Mathis Ragot-Richard, pilote de BMX, revient sur sa saison réussie

Deuxième titre de champion d’Europe Élite, médaille de bronze mondiale et actuellement leader du classement UCI, Mathis Ragot-Richard réalise une saison 2026 de haut niveau. Le pilote du BMX Besançon revient sur cette année réussie, sa vie dans le club bisontin et ses ambitions olympiques.

42
Mathis Ragot-Richard, au centre, savoure son deuxième titre de champion d’Europe Élite, décroché le 27 juin à Sarrians, devant Jérémy Rencurel et Léo Garoyan / © Kaptur photographie

Vous réalisez une très belle saison 2026. Quel bilan en faites-vous ?

Ma saison est très bonne. J’ai gagné le championnat d’Europe pour la deuxième fois, une Coupe d’Europe, une Coupe de France et je suis médaillé de bronze au championnat du monde. Je suis également cinquième de la Coupe du monde. Je suis assez constant et c’est là où je veux être, notamment à l’approche des qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles. Il reste encore six manches de Coupe du monde sur trois week-ends et une manche de Coupe de France très importante, où nous allons jouer la Division nationale avec le BMX Besançon.

Vous avez également pris la tête du classement UCI. C’est la preuve que vous avez franchi un cap ?

Oui, absolument. Surtout dans la régularité. Je n’ai pas raté beaucoup de finales et j’ai été à chaque fois bien placé. Le fait d’être leader du classement UCI, donc premier mondial, le prouve. C’est quelque chose qui a pu me faire défaut auparavant, parce que j’ai pas mal chuté. Cela fait maintenant deux ans que j’arrive à rester sur mes roues et à ne pas me blesser, donc c’est très important.

Vous avez remporté votre deuxième titre de champion d’Europe Élite le 27 juin à Sarrians. Comment l’avez-vous vécu ?

C’était assez particulier avec la première vague de canicule. La journée a été divisée en deux, avec une grosse pause de huit heures avant de terminer le soir à cause de la chaleur. J’étais assez serein et je n’ai pas eu trop d’encombres pour passer les qualifications jusqu’à la finale. Le niveau était vraiment très relevé. En finale, je ne pars pas dans les premiers, mais j’arrive à bien me placer. Je double un gars dans le premier virage, un deuxième dans le suivant et je passe devant Jérémy Rencurel dans la dernière ligne. C’était une course assez folle. Jérémy est aussi licencié au BMX Besançon, donc terminer premier et deuxième au championnat d’Europe, c’est une belle récompense pour le club aussi. Avec Léo Garoyan en troisième place pour un triplé français, c’est bien. On essaie de maintenir la France à ce niveau de performance.

Vous avez aussi décroché le bronze aux championnats du monde à Brisbane, cette fois dans des circonstances particulières ?

C’est la course que tout le monde coche dans son calendrier chaque année. Je suis arrivé en tant que champion d’Europe et c’était un objectif important de ramener une médaille. Mais les conditions météo ont entraîné l’annulation des finales. Je suis un compétiteur, donc j’aurais aimé pouvoir me battre pour peut-être faire mieux, ou moins bien, mais montrer ce dont je suis capable. C’est un sentiment mitigé de monter sur le podium sans vraiment avoir fait la course. J’aurais aimé gagner cette médaille autrement mais elle vient quand même récompenser la saison que je suis en train de réaliser et le travail fourni depuis de nombreuses années. Les mondiaux sont en France l’année prochaine, ce sera une belle opportunité de remettre ça et viser l’or.

Dans deux ans auront lieu les Jeux de Los Angeles 2028, que représentent-ils pour vous ?

Faire les prochains JO, c’est un rêve. Depuis que le BMX est devenu olympique, je n’ai pas raté une édition. À 10 ans, je me souviens m’être levé la nuit pour regarder le BMX à Pékin. À Paris, j’étais dans les tribunes lors du triplé français et je me suis dit que je ferais les prochains en tant que pilote. Les qualifications ont commencé le 1er août et vont durer jusqu’en mai 2028. Le but est notamment de qualifier la France et, si elle obtient trois places, d’en faire partie. Mais le chemin est encore long et il y a une énorme densité de talents en France.

Vous avez commencé le BMX à Besançon avant de partir et revenir au club en 2022. Pourquoi ce retour aux sources ?

Oui, j’ai commencé à Besançon en 2004, à l’âge de six ans. Je suis ensuite parti en sport-études à Saint-Étienne en 2010 et j’y suis resté douze ans. Quand je suis revenu en 2022, le BMX Besançon était devenu l’un des tout meilleurs clubs de France. C’était donc très attirant, notamment pour revenir auprès de ma famille. Le club m’a beaucoup aidé à me reconstruire après une période difficile et m’a toujours fait confiance.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui la force du BMX Besançon ?

Notre force, c’est qu’on s’entraîne en groupe. Il y a une règle propre au club, c’est que tous les membres de l’équipe sont obligés d’habiter dans le coin, donc ça crée une vraie émulation. Quand on a des gars comme Jérémy, Michael Bias ou moi-même, qui avons de l’expérience, on peut tirer les plus jeunes comme Mathis Jacquet, Baptiste Jupille ou Laura Mouget vers le haut. Eux aussi nous aident beaucoup, c’est gagnant-gagnant. Tout ça permet à chacun d’atteindre son plein potentiel.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite de la saison ?

Déjà, de rester en bonne santé, parce que dans un sport comme le nôtre, ce n’est jamais une garantie. Et de continuer à performer. J’espère notamment, d’ici la fin de l’année, que je réussirai à gagner ma première Coupe du monde.