Haut-Doubs. Sécheresse : des pêches de sauvegarde réalisées dans le Doubs

En raison de la sécheresse, les acteurs locaux doivent prendre des décisions pour tenter d’économiser le plus d’eau possible. L’une d’elles consiste à fermer les vannes du barrage du lac de Saint-Point, provoquant une baisse du débit du Doubs en aval. La préfecture a donc décidé de faire réaliser des pêches de sauvegarde dans la rivière, notamment sur la commune d’Arçon.

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Des dizaines de milliers de poissons ont été déplacés ©Préfecture du Doubs

Les précipitations tombées récemment ne suffisent pas à combler les effets de la sécheresse dans le Haut-Doubs. Les niveaux de la nappe de l’Arlier sont très bas. À tel point que les services des collectivités, les élus locaux et l’État doivent prendre des décisions, tous espérant ne pas arriver au scénario impliquant des coupures sur le réseau.  Le secteur est en déficit de pluie depuis le mois d’avril, excepté le mois de mai. « On est passé d’un niveau d’alerte à un niveau de crise. L’humidité des sols n’a jamais été aussi basse depuis 1976 », souligne Anne-Claude Isner, cheffe du service adjointe à la direction départementale des territoires (DDT) du Doubs.

Fermeture des vannes du barrage du lac de Saint-Point

Une réunion à la sous-préfecture de Pontarlier s’est tenue le mardi 6 octobre et il a notamment été décidé la fermeture des vannes du barrage du lac de Saint-Point. Des fermetures partielles avaient déjà été réalisées durant l’été. « En juillet, on était à un débit de 1500 litres/seconde avant de réduire une nouvelle fois en août, avec environ 500 à 600 litres/seconde. Aujourd’hui, on va au minimum, les vannes de gestion étant anciennes, il y a quelques fuites », détaille Olivier Billot, président de l’Établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau (Epage) Haut-Doubs Haute-Loue, gestionnaire du barrage. « Le lac a plusieurs fonctions dont l’une est de constituer une réserve d’eau destinée à sécuriser l’alimentation en eau potable du secteur », explique Judith Husson, sous-préfète de Pontarlier. Cependant, il ne constitue pas une ressource éternelle. Au 9 octobre, « on a[vait] quinze jours d’avance par rapport au niveau du lac en 2018. On perd 1cm par jour », poursuit Olivier Billot.

Un impact sur la faune piscicole

La décision de fermer les vannes du barrage entraîne une baisse du débit du Doubs en aval et contre une autre fonction du lac : celle de soutenir l’étiage de la rivière. « L’assec du Doubs risque de remonter. Pour l’instant, il se situe au niveau du stade de biathlon à Arçon, mais il risque de remonter plus haut, entre les communes de Doubs et d’Arçon », indique le président de l’Epage HDHL. Conséquence : un risque de pertes de la faune piscicole. Pour cette raison, l’État a fait réaliser des pêches de sauvegarde les 7 et 8 octobre, sur un linéaire de 2 km au niveau d’Arçon. 

Les poissons ont été placés dans des grosses cuves avant d’être relâchés dans le Drugeon au niveau du Pont Rouge ©CT

Sept personnes ont procédé aux pêches de sauvegarde : cinq salariés du bureau d’études Eaux continentales et deux pêcheurs de la fédération de pêche et de protection du milieu aquatique du Doubs. « Des anodes sont placées dans l’eau, qui assomment le poisson peu de temps. Cela nous permet de le mesurer, et de le transporter assez rapidement pour le remettre en milieu naturel. Cette méthode est utilisée notamment pour des comptages mais là on s’en sert pour du sauvetage. C’est un exercice qui demande une habilitation », détaille Philippe Grosso, président de la fédération de pêche du Doubs. Plusieurs dizaines de milliers de poissons ont été extraits : vairons, brochets, truites, perches, ou encore chevesnes. Tous ont été placés dans cinq grosses cuves avant d’être relâchés dans le Drugeon au niveau du Pont Rouge, sur la RN57 entre Pontarlier et Besançon.