Dossier de la semaine. Dans le Doubs, les lycéens se mobilisent

À Besançon, Pontarlier ou encore Montbéliard, de nombreux lycéens se sont mobilisés pour faire entendre leurs voix. Ils réclament notamment davantage de moyens pour l’Éducation nationale et veulent être « pris au sérieux ». Face à ce mouvement, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures.

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Des milliers de personnes ont défilé à Besançon le 6 octobre ©PG

À l’échelle nationale, un large mouvement de mobilisation des lycées s’est invité dans de nombreux établissements scolaires. Le Doubs ne fait pas exception. Le jeudi 1er octobre à Besançon, des manifestations ont eu lieu dans de nombreux lycées de la ville : Pergaud, Pasteur, Montjoux, Sainte-Famille, Condé, Victor Hugo ou encore Jules Haag. L’après-midi, un cortège a pris la direction du Rectorat de Besançon. À Pontarlier, ce sont le lycée professionnel Toussaint Louverture et le lycée Xavier Marmier qui ont été concernés par le mouvement. Des manifestations se sont également tenues à Montbéliard, notamment aux abords du lycée Germaine Tillion. Le 6 octobre, la mobilisation lycéenne n’a pas faibli dans la capitale comtoise où l’appel de l’intersyndicale SNUipp-FSU, FO, et CGT a été largement suivi. Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées au parc des Glacis avant de rejoindre le centre-ville. Lycéens, étudiants, fonctionnaires, enseignants ou encore infirmières ont défilé. La mobilisation était placée sous le signe du soutien au lycéens.

« Plus de moyens pour l’Éducation nationale »

Parmi les nombreuses revendications portées par les lycéens, une revient unanimement : celle de donner davantage de moyens pour « les services publics délaissés par l’État », témoigne une lycéenne. « On en a marre de ne pas avoir de remplaçants et d’étudier dans des locaux vétustes. L’Éducation nationale n’a pas assez de moyens pour bien faire son travail, alors qu’on est censés être le futur du pays », ajoute-t-elle. « On veut qu’on nous prenne au sérieux », exprime un autre adolescent, scolarisé au lycée Jules Haag.

Dans le cortège, plusieurs slogans ont été entonnés par les lycéens, parmi lesquels : « Du fric pour l’hôpital public, pas pour l’armée et les flics » ou encore « De l’argent, il y en a dans les caisses du patronat ». « On vient pour soutenir les revendications lycéennes, qui sont les mêmes que les nôtres », témoigne une professeure présente dans le cortège. « On vient aussi pour les protéger et les encadrer, au vu de ce qu’il s’est passé ces derniers jours, notamment du point de vue des violences policières, qui sont inacceptables », a-t-elle ajouté. « Nous on est là car il y a deux ans, nous étions des lycéennes, à leur place. On sait ce que c’est. On soutient le mouvement car l’état des locaux est déplorable et le nombre de professeurs est aussi lamentable », témoignent deux étudiantes venues en soutien du mouvement.

Une représentante du syndicat SNUipp-FSU raconte avoir été particulièrement marquée par les événements de la semaine précédente : « J’ai vu des choses vraiment choquantes sur les points de blocus. Est-ce que les violences policières sont justifiées ? Je ne pense pas. J’ai vu et entendu des policiers qui parlaient extrêmement mal aux jeunes. Et ça n’est pas justifié. Ils ont le droit de manifester et de protester. Le fait qu’ils ne soient pas majeurs n’enlève rien à leur légitimité de s’exprimer ». Sur la mobilisation du 6 octobre à Besançon, aucun incident n’a été relevé.

Des centaines d’élèves devant le lycée Xavier Marmier à Pontarlier

Le 6 octobre à Pontarlier a été beaucoup plus calme. Le temps fort de cette mobilisation lycéenne reste le jeudi 1er octobre, où entre 200 et 300 élèves du lycée Xavier Marmier ont manifesté, rejoints par les élèves du lycée professionnel Toussaint Louverture, avec là aussi, les mêmes revendications. Sur la journée, entre 20 et 25 agents de la police nationale et de la police aux frontières ont été mobilisés. Plusieurs incidents ont été relevés, et au total, six interpellations ont été réalisées dont trois mises en garde à vue.

Une consultation nationale ouverte

Face au mouvement, le gouvernement a annoncé une demi-journée consacrée au dialogue dans les lycées et également évoqué de possibles corrections de Parcoursup. Dans le même temps, il a condamné les violences survenues en marge de certaines manifestations et réfuté toute instruction politique de « répression policière ».

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, a annoncé l’ouverture d’une consultation nationale lycéenne sur la plateforme Agora, sur laquelle les lycéens sont invités à faire connaître leurs difficultés, leurs attentes et leurs propositions pour améliorer leur scolarité, jusqu’au 23 octobre. Les contributions sont anonymes. Deux questions ouvertes sont posées aux élèves : quelles sont aujourd’hui les principales difficultés que vous rencontrez au lycée ? Qu’est-ce qui devrait, selon vous, changer ou être amélioré pour mieux apprendre et mieux vivre votre scolarité ? « Il est essentiel pour nous d’entendre tous les lycéens et de prendre en compte la diversité de leurs expériences de scolarité. Cette consultation doit nous permettre de mieux comprendre leur quotidien, d’écouter leurs propositions et de construire avec eux des réponses concrètes », indique Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, dans un communiqué. Les contributions recueillies doivent faire l’objet d’une synthèse et d’une restitution nationale fin octobre.

Pauline Graf et Cassandra Tempesta