Besançon. L’inauguration de l’horloge florale en pleine crise sécheresse provoque une polémique

Disparue en 2011, l'horloge florale est de nouveau en fonctionnement sur l’esplanade de la gare Viotte. Inaugurée le samedi 18 juillet 2026 par Ludovic Fagaut, son retour était une promesse de campagne. Mais sa présentation, au lendemain du passage du Département en crise sécheresse suscitent de nombreux débats.

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8000 plants de "succulentes" et "immortelles d'Italie" créent une horloge fleurie symbolisant Besançon Capitale du Temps tout en respectant l'adaptation au changement climatique. Une promesse électorale tenue par Ludovic Fagaut et Guillaume Bailly, l'adjoint en charge des espaces verts et la biodiversité ©YQ

Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, a rappelé ce symbole fort de l’identité de la ville, une ville dédiée à l’horlogerie depuis le 18ème siècle. « Il était important que les visiteurs de Besançon soient accueillis par l’histoire horlogère de la capitale comtoise ». Pour le premier édile, c’est la démonstration d’une volonté de redonner à Besançon l’attractivité économique et industrielle qu’elle avait perdu depuis plusieurs décennies. Cette horloge marque le temps du renouveau.

Techniquement, l’horloge florale qui porte en son centre l’écusson de Besançon s’étend sur un diamètre de 6 mètres couvrant 40 m². Elle a nécessité la pose de 8 000 plants et 413 heures de travail d’une trentaine d’agents municipaux du service des espaces verts de la Ville. Au total, 160 heures de travail ont été consacrées par l’entreprise Prêtre & Fils de Mamirolle pour la modernisation et l’installation du mécanisme horloger. Le temps est commandé par une horloge-mère installée à proximité, elle-même commandée par satellite.

Un arrosage grâce aux cuves de récupération d’eau… installées sous le mandat d’Anne Vignot

Au lendemain du passage en « crise sécheresse » du département du Doubs suite à l’aggravation de la situation hydrologique, cette inauguration passe mal chez une partie de la population bisontine. Face aux restrictions imposées sur l’usage de l’eau et l’arrosage des  espaces verts, le maire de Besançon a tenté de justifier son choix en s’appuyant « sur le savoir-faire et les compétences «  techniciens des espaces verts de Besançon, « dans un contexte de gestion raisonnée des plantations ».

Les plants utilisés sont essentiellement des essences méditerranéennes, plus résiliantes face aux fortes chaleurs et au changement climatique. Toutefois, pour arroser les succulentes et immortelles d’Italie, la nouvelle majorité s’appuie sur le travail de l’ancienne. Face à l’interdiction de prélever de l’eau sur le réseau, la majeure partie de la végétation bisontine et les terrains de sports sont arrosés grâce aux cuves de récupération de la piscine Mallarmé, l’un des projets importants du mandat d’Anne Vignot. En parallèle, Ludovic Fagaut et ses équipes ont néanmoins obtenu une dérogation auprès de la Préfecture depuis le 17 juillet, afin de pomper 70 m3 d’eau dans le Doubs par semaine pour préserver les arbres de moins de deux ans.. Une quantité jugée « raisonnable » par le maire  » sachant que le Doubs a un débit de 16 m3 par seconde « . « Plus qu’un ornement, cette horloge florale illustre notre volonté politique de redonner de la fierté à Besançon. […] Quand on a lancé cette opération au mois de mars, personne ne prévoyait qu’il allait y avoir quelques épisodes de canicule ».

Une dernière phrase contredite par de nombreuses études scientifiques au cours des dernières décennies, mais surtout par le Préfet du Doubs. La veille, dans les colonnes de l’Est Républicain, Rémi Bastille justifiait son choix de placer le département en crise sécheresse en expliquant « que cette année n’est pas une exception. Malheureusement, elle deviendra progressivement la norme. Il suffit de se retourner sur les cinq dernières années. On a eu quand même plusieurs grandes sécheresses, alors qu’autrefois, c’était une toutes les deux ou trois décennies ». Grâce aux essences choisies et à l’arrosage maintenu, l’horloge florale elle, doit pouvoir tenir l’été et participer, selon Ludovic Fagaut et son équipe « au rayonnement de Besançon ».

La rédaction