À la fin du XIXe siècle, certains de nos ancêtres vivaient dans des conditions pénibles.

Dans l’édition du 18 avril 1896, un auteur anonyme du journal Le Petit Comtois signala la présence d’un sans-abri à Besançon.

Il explique dans son article : « Il y a quelques jours, quatre rhabilleurs pris de pitié ont signalé dans notre journal l’état particulièrement intéressant d’un malheureux qui, atteint d’une maladie incurable, se trouve sans asile et dans l’incapacité absolue de travailler. Cet individu a élu domicile dans le trage qui conduit de la Grande-Rue n°17 à la place Labourée [actuelle place de la Révolution] et, assis au coin d’une porte, y passe ses jours et ses nuits sans rien demander à personne, car il ne veut pas tendre la main.«  (n°4594, p. 2.) Un trage à Besançon équivaut à une traboule à Lyon.

Le rédacteur anonyme du papier s’en prend ensuite à ce qu’il nomme « l’administration compétente » : « Nous croyions que l’administration compétente aurait pris des renseignements sur ce pauvre diable et lui aurait donné un asile où il puisse terminer tranquillement sa vie ; il n’en a rien été, ce malheureux est toujours là, et, sans la compassion d’ouvriers peu fortunés, cet homme serait depuis longtemps mort de faim.« 

Après la publication de cet article, l’homme fut pris en charge : « A la suite de la note que nous avons publiée hier, l’administration a fait chercher le malheureux qui avait élu domicile dans le trage de la Grande-Rue à la place Labourey et l’a conduit à l’asile de Bellevaux, où on l’a admis d’urgence. » Il conclut : « On croit que c’est l’abus de la morphine qui l’a réduit à l’état misérable dans lequel il se trouve actuellement. » (n°4595, p. 2.) Peut-être…

Une chose est toutefois certaine, en ce début de XXIe siècle, des gens dorment toujours dehors !