Doubs. Un centre de vaccination itinérant pour aller au plus près des patients

Financé par l’ARS et géré par l’AHS, ce nouveau centre de vaccination polyvalente a vocation à se déployer dans tout le Département et vise notamment les publics précaires, privés de droits à la Sécurité sociale ou habitant dans les déserts médicaux, mais également à mener des campagnes de vaccination dans les collèges. Une première permanence s’est tenue à la maison médicale de garde à Pontarlier le 17 février.

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De g. à d. : Charlotte Query, secrétaire médicale, Dr Joël Leroy, médecin coordinateur et Élodie Faivre, infirmière ©CT

Si le Doubs était le seul département sans centre de vaccination départemental, ce n’est désormais plus le cas. Seules les Villes de Besançon et de Montbéliard disposaient de leurs propres structures. Un centre de vaccination polyvalente, itinérant, puisque si une antenne est basée à Pontarlier, au sein de maison médicale de garde, située en face de l’hôpital, son équipe a vocation à déployer des permanences partout sur le département, à l’exception de Besançon et Montbéliard. À Pontarlier, la première permanence s’est déroulée le mardi 17 février. Dix rendez-vous ont été pris de tout âge. L’équipe vaccine des patients à partir de 6 ans.

Financé par l’ARS, le centre de vaccination est géré par l’Association d’Hygiène Sociale Franche-Comté (AHS FC) et assure deux grandes missions : mener la campagne vaccinale dans les collèges contre les papillomavirus (HPV) et certaines méningites, proposer une vaccination polyvalente sur tout le territoire, soit l’ensemble des vaccins obligatoires et recommandés. « On va vers le patient. Notre cœur de cible est le public en rupture de soins, précaire, habitant dans des déserts médicaux ou sans droits à la Sécurité sociale », détaille Karen Lagoutte-Verrier, cheffe de service à l’AHS FC. 

Objectif 6000 vaccinations par an

Outre Pontarlier, l’équipe, composée d’un médecin coordinateur, d’une infirmière (une seconde devrait arriver) et d’une secrétaire médicale, a identifié neuf autres secteurs d’intervention : Ornans, Maîche, Valdahon, Baume les Dames, Quingey, Clerval, Saint-Vit, l’Isle sur le Doubs, Morteau et les communes du pays de Montbéliard. « On se rend compte que le besoin est plus grand et on veut toucher le public qui peut rencontrer des problèmes de mobilités », poursuit Karen Lagoutte-Verrier. Pour cela, ils échangent avec les municipalités, les CPTS, les centres médico-sociaux et autres partenaires, pour tenter de proposer d’autres permanences. « Ça peut être dans des salles des fêtes ou des gymnases. On n’a pas besoin de grand chose. Le matériel, nous l’apportons ». Pour la première année, l’AHS FC vise entre 3000 et 4000 vaccinations. Les années suivantes, elle table sur 6000

« Se protéger soi et les autres »

Le docteur Leroy, médecin infectiologue pédiatre au CHU de Besançon en retraite, continuait à participer aux campagnes de vaccination dans les collèges depuis 2023. Alors quand l’opportunité d’intégrer l’équipe du centre de vaccination polyvalente s’est présentée, il n’a pas hésité à postuler. « J’ai encore envie d’aider la population ». À l’heure actuelle, onze vaccins sont obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans, après ils sont recommandés. « Ce n’est qu’une simple question juridique, ils restent importants ». « Aujourd’hui, en post Covid, il y a une grosse méfiance autour de la vaccination. Elle est primordiale. Elle protège, peut éradiquer une maladie. On a besoin d’une immunité collective. Se vacciner, c’est se protéger soi, mais aussi les autres », rappelle Karen Lagoutte-Verrier. « On a oublié certaines maladies car on en entend plus parler, mais ça ne veut pas dire qu’elles n’existent plus. On a de nouveau une épidémie de méningites », souligne le docteur Leroy.