
Le 20 janvier restera comme une date charnière pour Écleux. Après des semaines de silence dans les bâtiments d’élevage, les camions ont de nouveau déposé des bêtes dans les fermes touchées par la DNC. Pour le préfet du Jura, Pierre-Édouard Colliex, présent sur place, ce moment symbolise avant tout un renouveau.
« Voir revenir des bêtes dans le département, dans ces élevages où on avait été obligé de prendre des mesures extrêmement difficiles, c’est l’espoir, c’est l’énergie, c’est l’envie de continuer », a-t-il déclaré. Trois mois après le début de la crise, il salue la résilience des agriculteurs et rappelle que les indemnisations ont été versées rapidement pour permettre ce repeuplement.

Si l’heure est à la joie, les incertitudes demeurent. Les enquêtes sur l’origine de la maladie n’ont pas encore abouti. « On n’a pas identifié le vecteur qui a pu transmettre ou en tout cas faire arriver dans le département la DNC », reconnaît le préfet, évoquant des investigations « très difficiles ».
Dans l’immédiat, les mesures sanitaires restent en vigueur dans la zone vaccinale, avec des règles strictes d’entrée et de sortie. À plus long terme, un « parlement de l’élevage » doit se réunir en février pour discuter d’éventuelles nouvelles mesures, notamment sur la vaccination.
Une solidarité à l’échelle du département
Du côté de la Chambre d’agriculture, son président, Christophe Buchet, parle de « vrai soulagement » en voyant les animaux revenir. Il insiste sur l’élan collectif qui a accompagné les exploitants : « Tout le monde a fait l’effort, il y a la solidarité. »
Il rappelle aussi le choc qu’a représenté l’abattage des troupeaux pour les trois fermes du village, mais salue la mobilisation des habitants, des organisations agricoles et des services publics. Un accompagnement technique et humain est prévu dans les prochains jours, notamment pour aider à la traite des nouvelles vaches, qui doivent s’adapter à leur environnement.
« Trois mois que j’attendais ce moment »
Pour Florent Eplenier, exploitant à Écleux, le retour des animaux est avant tout un immense soulagement. Quarante-neuf vaches sont arrivées à 13 heures, issues de onze élevages du Jura. « Ça fait trois mois que j’attends ce moment-là », confie-t-il. Il se souvient du silence pesant après l’abattage : « Tu rentres le soir, tu n’entends plus rien. »
L’éleveur remercie ses collègues pour ce geste de solidarité, saluant « des animaux de qualité au niveau morphologie et sanitaire ». Son bâtiment, était prêt à les accueillir. Ses seules craintes concernaient l’entente entre des vaches venues de fermes différentes, mais l’arrivée s’est faite dans le calme. Côté indemnisations, « le plus gros des acomptes » a déjà été versé, le reste étant en cours de calcul pour compenser la perte d’exploitation.
Interrogé sur la DNC, Florent Eplenier admet une appréhension persistante : « Ça fait toujours un peu peur. » Mais il se veut confiant, d’autant qu’« aujourd’hui, visiblement, il n’y a plus de cas en France ». À Écleux, la vie agricole reprend doucement, entre prudence sanitaire et envie de tourner la page.































