Musée de la Résistance et de la Déportation, une métamorphose à 360°

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, situé au cœur de la Citadelle, a accueilli plus de 2 millions de visiteurs depuis son ouverture en 1982. Il est l’un des 10 sites majeurs dédiés à la seconde guerre mondiale en France.

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Le nouvel accueil ouvert et lumineux du futur Musée de la Résistance et de la Déportation ©A.Ammari
Un musée totalement repensé

La Citadelle de Besançon reçoit chaque année près de 300 000 visiteurs. Comme le souligne Marie-Pierre Papazian, la directrice de la communication de la Citadelle, « si les promeneurs bisontins fréquentent surtout les espaces animaliers, les touristes y découvrent plutôt l’intérêt des musées et particulièrement celui de la Résistance et de la Déportation ».

François Bousso Adjoint au patrimoine, Aline Chassagne Adjointe à la culture, Aurélie Cousin Attachée de conservation au Musée de la Résistance, Anne Vignot Maire de Besançon et Alexandre Arnodo Directeur de la Citadelle, ont présenté le 27 mai l’avancée des travaux du nouveau musée. ©YQ

Quarante ans après son installation dans les bâtiments des anciennes « chambrées » des soldats de Louis XIV, il fallait offrir aux visiteurs une muséographie totalement inédite, un accueil et des circulations plus ouverts. L’objectif est aussi d’exprimer la double nature de ce musée d’histoire : « fidèle à son histoire » voulue par Denise Lorach, une ancienne déportée bisontine, et « outil citoyen » au service de l’éducation civique.

Il ouvrira dans sa nouvelle configuration pour l’été 2023 après plus de deux ans de travaux. « Le nouvel accueil, ouvert sur l’extérieur, a été repensé en collaboration avec la DRAC et selon les contraintes d’un site classé Unesco » précise Aurélie Cousin, attachée de conservation au musée et cheville ouvrière de sa transformation.

Des ouvertures dans l’imposant mur de défense nécessitent des travaux importants ©YQ

L’année 2022 a été consacrée au gros-œuvre du bâtiment, la construction d’un accueil extérieur couvert très lumineux et le percement de nombreuses ouvertures dans l’ancien mur de défense séparant les deux bâtiments du musée. Accessible aux personnes en situation de handicap, le nouveau musée disposera d’un ascenseur (un challenge technique dans une construction du XVIIème siècle). Le calendrier des travaux est respecté. Il permettra, dès le début de l’année 2023, le retour des collections et l’installation des expositions permanentes et temporaires pour une ouverture au public à l’été 2023.

1 600 donateurs

En 2019, le musée de la Résistance et de la Déportation devient l’un des légataires d’Odile Selb-Bogé, résistante et déportée originaire de Port-sur-Saône (70). Après le récent décès de Bernard Bouveret « le passeur du Risoux » aux 200 vies sauvées pendant la seconde guerre mondiale, une importante donation a été faite au musée de la Résistance et de la Déportation. Ces legs illustrent aussi le caractère régional d’une forte résistance de la population comtoise pendant le second conflit mondial.

10 salles d’exposition permanente et des espaces de programmations temporaires

L’exposition permanente n’occupera plus qu’un seul niveau. On pourra y suivre les parcours personnels des derniers témoins disparus (Odile Selb-Bogé, Pierre Rolinet ou Bernard Bouveret), de comprendre l’histoire de la Citadelle sous l’occupation, lieu d’exécution de 100 résistants. Documents et objets permettent de personnifier l’histoire, la rendre plus proche et plus sensible.

600 œuvres de l’art en déportation seront présentés dans deux salles, complétant le parcours permanent.

La programmation temporaire va également permettre à de nombreux objets et documents de sortir des réserves et de construire, en partenariat avec d’autres musées régionaux ou nationaux, des manifestations de qualité.

Les histoires particulièrement tragiques de Germaine Tillon, d’Henri Fertet et de Marcel Oudot et de bien d’autres  serviront de « fil rouge » à une muséographie dynamique, au bénéfice de l’éducation citoyenne des jeunes générations.

Rendez-vous à l’été 2023 dans une Citadelle qui, elle aussi, commence sa métamorphose…mais c’est une autre histoire !

Yves Quemeneur