Pontarlier. Patrick Comte, maire de Pontarlier : « Je ne veux pas augmenter les impôts, mais je n’aurai peut-être pas le choix »

Le maire nouvellement élu en mars 2026 avait fait la promesse de ne pas augmenter les impôts. Face au constat aussi implacable qu’alarmant des finances pontissaliennes, la municipalité doit désormais trouver « du cash » en retravaillant le budget prévisionnel et son projet de mandat.

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Quelle a été votre réaction au moment de découvrir l’état des finances de la Ville et cette analyse de l’ancienne minorité municipale ?

J’ai été déçu. Entendre parler de gestion toutes ces années et découvrir qu’on va droit dans le mur… L’ancienne municipalité le savait depuis plusieurs années, alors en discuter avec eux, non merci. Franchement, je suis déçu.

Vous avez immédiatement opéré plusieurs découpages financiers au sein du budget 2026 voté par l’ancienne majorité. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je n’ai pas eu le choix. Le budget 2026 laissé par l’ancienne municipalité tablait sur un emprunt de 7,5 millions d’euros à la fin de l’année, alors qu’ils avaient déjà emprunté 2,5 millions d’euros pour l’année 2025. Donc nous avons dû opérer des découpages, décaler des investissements. Aujourd’hui, l’emprunt est réduit à 4,3 millions d’euros, en attendant 1,5 million d’euros de subventions de l’État qui doivent être versés dans le cadre de plusieurs programmes. On peut espérer retomber à 2,8 millions d’euros d’emprunt. Notre taux de désendettement s’est aussi allongé à sept ans. Je n’avais pas le choix pour cette année, à part sabrer encore plus, ce qui aurait impacté les politiques structurantes de la Ville.

Concrètement, quels sont les projets impactés ?

Les travaux de rénovation de l’école Joliot-Curie ne débuteront qu’en 2027. Sous la rue du Commandant-Valentin, la restauration de la passerelle surplombant le ruisseau des Lavaux est repoussée également. Le projet de “Ville intelligente” est abandonné, j’ai été critiqué là-dessus pour mon “manque de vision”. Je pense que la vision, c’est surtout de ne pas couler déjà. Maintenant, on doit valoriser le patrimoine, pour mieux le vendre et engager nos réalisations futures.

Donc pas de régie immobilière envisagée pour garder le contrôle du bâti ?

Pas tout de suite. Il faut d’abord remettre les finances à flot. La Ville a urgemment besoin de cash. Dans cette lignée, le transfert de la crèche des P’tits Loups dans l’ancienne école Vannolles est annulé. On la transfère à la Chapelle des Castors avec l’autre crèche municipale, “Capucine”, et le Relais Petite Enfance. Trois structures seront réunies en une seule, avec une rénovation du bâtiment évaluée autour de 2 millions d’euros et surtout subventionnée à 80 % par l’État. Concrètement, la Ville devrait débourser autour de 160 000 € nets, alors qu’il en fallait 1 million pour la rénovation de l’ancienne école Vannolles, qui n’aurait accueilli qu’une seule crèche.

Que deviendraient l’ancienne école Vannolles et les bâtiments libérés par cette réorganisation ?

Pour Vannolles, une vente va être envisagée, ce que l’on ne pouvait pas faire avec la Chapelle des Castors, par exemple. On étudiera les projets proposés pour chaque lieu avec une certaine attente. La Maison Chevalier est aussi concernée, mais nous refuserons les projets uniquement dédiés au logement pour ce lieu emblématique, qui doit rester d’utilité publique.

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Augmenter les impôts est inévitable ?

Je ne sais pas, franchement je ne sais pas (Patrick Comte marque un temps d’arrêt). Pour le dire clairement, ça me fait chier. C’était une promesse de campagne, et trahir ma parole, je ne l’ai jamais fait. Je ne suis pas encore prêt à le faire. Je crains qu’on soit obligés, oui. Peut-être que cela passera par une légère augmentation, année après année… La construction de notre budget doit débuter en septembre et arbitrera tout cela.

Chronologiquement, il y a ce que vous avez promis, ce que vous avez appris et ce que vous devez faire…

Et il faut parvenir à l’expliquer aux gens. L’impopularité, je m’en fiche, mais trahir ma parole, c’est vraiment quelque chose qui me fait mal au plus profond de moi-même. Je ne veux pas augmenter les impôts, mais je n’aurai peut-être pas le choix.