Pontarlier. Un dernier débat d’orientations budgétaires sous fortes contraintes nationales

Lors du conseil municipal, le 3 février, le débat d’orientations budgétaires s’est tenu, le dernier du mandat. Un débat qui intervient dans « un contexte national particulièrement contraint » selon Patrick Genre. En vue des élections municipales, ce DOB est un document de « transition » avec des investissements envisagés entre 7 et 10 millions d’euros.

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Hôtel de Ville Pontarlier

Ce mardi 3 février, s’est tenu le dernier débat d’orientations budgétaires (DOB) du mandat 2020-2026, le dernier aussi pour Patrick Genre. Pour l’occasion, tous les candidats aux prochaines élections municipales étaient présents : Bénédicte Hérard et Bertrand Guinchard, actuels élus de la majorité, Patrick Comte et Cédric Laithier en tant que spectateurs. En vue de ce renouvellement électoral, l’engagement, pris depuis des mois, est tenu. Ce DOB, et le budget primitif (BP) qui en découlera, seront des documents de « transition », indique Patrick Genre, maire de Pontarlier. « Nous ne lancerons aucun nouveau projet. Nous poursuivrons uniquement les opérations lancées, avec une volonté également de poursuivre un certain nombre d’actions et d’événements comme le Super Comice, le championnat de France de Tarot, et d’autres manifestations »

380 000€ qui impactent la collectivité

Un DOB qui intervient dans un « contexte national particulièrement contraint. Aujourd’hui, nous ne connaissons pas les conditions précises budgétaires, nous avons les grandes lignes. Ce contexte national contraint à nouveau les collectivités locales et en particulier les communes. En 2026, ce sont 380 000€ qui impactent la collectivité locale, dont 108 000€ sur l’impact de la diminution de la compensation des valeurs locatives industrielles qui perdent 25%. Nous avons 147 000€ de diminution de la DGF (dotation globale de fonctionnement) et 123 000€ de cotisation supplémentaire pour la CNRACL (Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales). Nous aurons d’ici 2029, 500 000€ de dépenses en plus pour la masse salariale sans aucune recette en face ».

Entre 7 et 10 millions d’investissements

L’effet ciseau constaté depuis plusieurs années continue de s’accroître, « pourtant, nous avons initié depuis plusieurs années des efforts importants d’optimisation des dépenses de fonctionnement qu’il faudra poursuivre lors du BP et autres éléments budgétaires ». Malgré ces contraintes, le résultat de clôture reste excédentaire, de 3 245 520€ (contre 4,7M€ en 2024). « Nous avons des restes à réaliser qui devraient s’élever à 3M€ donc des dépenses qui sont reportées sur 2026 mais qui sont financées par la reprise d’une partie des excédents donc qui n’impactent pas les choix budgétaires 2026 », poursuit Patrick Genre, avec un solde de fonctionnement de 1,8M€

Ces différents résultats permettent à la Ville de Pontarlier, d’envisager entre 7 et 10M€ d’investissements sur l’année 2026. « On réduit la voilure de notre capacité d’investissement au vu des charges de fonctionnement qui pèsent sur nous et sur lesquelles on a pratiquement aucun levier ». La capacité de désendettement de la commune est de 7 ans, « sans tenir compte du résultat reporté de 2024. Cette situation impose une vigilance accrue pour les exercices à venir », est-il inscrit dans le DOB. 

« Un échec d’une majorité et d’une municipalité”

« L’intervention de l’État est de plus en plus destructrice. Ça on est bien d’accord. Si on regarde les 11 dernières années, on a 8 années avec un effet ciseau. C’est devenu structurel », déplore Gérard Voinnet, élu de la minorité. Pour lui, le résultat annuel sans les retraités, c’est-à-dire en enlevant les dépenses et recettes exceptionnelles, « n’est plus que de 860 000€, qui est le plus faible qu’on a jamais eu. Je sais qu’il y a des explications mais quand même. L’année dernière on disait qu’on allait dans le mur, là ça y est on sait où il est, il est juste devant nous et il est pour cette année. La prospective faite par le cabinet, que vous avez choisi, j’aurais aimé qu’elle soit actualisée. La dernière version date de décembre 2023, dans laquelle eux-mêmes indiquaient qu’en 2029 la ville avait une capacité d’autofinancement négative. Il s’agit pour nous quand même d’un échec d’une majorité et d’une municipalité. On peut passer pour des radoteurs. Il reste quand même que tout ce que nous avions annoncé est en train de se produire ».

« On n’est plus du tout autonome ni fiscalement, ni financièrement ni budgétairement. Et ça, c’est le vrai problème. On dépend de dotations, de subventions, de fonds de compensation et autres qui ne sont jamais pérennes dans le temps. On n’est pas resté les bras ballants », souligne Patrick Genre. Le BP devrait être voté lors du prochain conseil municipal le 23 février.