Région. Le rétablissement du 4e TGV Lyria Paris-Lausanne en bonne voie ?

Sylvain Bobillier-Monnot et Thomas Morel ont lancé une pétition en novembre dernier pour réclamer le retour du quatrième TGV Lyria quotidien entre Paris et Lausanne par le Jura. Une première réunion de travail a eu lieu au Sénat le 3 février. À l’issue, la SNCF a annoncé le lancement d’une étude de faisabilité.

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©Photo d'illustration 123RF

C’est une étape majeure. Une première réunion de travail a eu lieu au Sénat le 3 février dernier consacrée au rétablissement du 4e TGV Lyria Paris-Lausanne (Lausanne, Vallorbe, Frasne, Mouchard, Dole, Dijon, Paris) par le Jura. Une pétition le réclamant a été lancée en novembre dernier par deux Hauts-Doubiens : Sylvain Bobillier-Monnot et Thomas Morel et a recueilli plus de 4000 signatures, dont celles de nombreux élus français et suisses, à l’instar d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. 

Cette réunion de travail s’est tenue en présence d’Éric Dehlinger, directeur général de Lyria, de Romain Desaix, directeur adjoint du cabinet du président-directeur général de SNCF Voyageurs, des députés Justine Gruet (Jura) et Éric Liégeon (Doubs), des sénateurs Jean-François Grosperrin et Jean-François Longeot (Doubs), Sylvie Vermeillet et Clément Pernot (Jura), ainsi que de Sylvain Bobillier-Monnot représentant le collectif d’usagers, d’élus locaux et d’acteurs économiques des territoires français et suisses traversés par la ligne historique du Jura. À l’issue d’1h30 de réunion, la SNCF a annoncé le lancement d’une étude portant sur la faisabilité du rétablissement de cette desserte « essentielle pour le massif jurassien », estime le collectif. 

Une desserte supprimée en 2019

Les participants ont convenu de se revoir d’ici mi-avril, date à laquelle la SNCF devrait présenter les premières conclusions de son étude de faisabilité. « Nous serons particulièrement attentifs aux hypothèses retenues dans cette étude, notamment en matière de fréquentation, car les statistiques actuelles des gares de Mouchard et Frasne sous-estiment nettement le nombre réel de passagers. Lorsque les TGV sont complets pour les gares françaises – ce qui est très fréquent -, des usagers achètent des billets disponibles à cause du contingent international à destination de la Suisse (Vallorbe ou Lausanne) afin de pouvoir monter à bord, ce qui fausse les statistiques de fréquentation des gares franc-comtoises », expliquent le collectif par voie de communiqué.

Sylvain Bobillier-Monnot et Thomas Morel
Sylvain Bobillier-Monnot et Thomas Morel ont lancé une pétition pour rétablir le quatrième TGV Lyria Paris-Lausanne

Supprimée en 2019 dans un contexte de travaux, cette desserte constituait un lien ferroviaire structurant entre la France et la Suisse. « Avant, le train arrivait à Paris à 9h, ce qui permettait de faire une vraie journée. Aujourd’hui, il arrive vers 11h. Il faut descendre sur Besançon quand le train est plein ou si on veut arriver le matin. Tout le monde a un lien avec ce TGV Lyria : des amis qui viennent vous voir, un jeune qui étudie à Paris, des touristes qui viennent en visite. C’est un sujet purement franc-comtois aussi. Remettre le train est bénéfique pour le tourisme, les entreprises. Le Haut-Doubs est un territoire amené à avoir de plus en plus de personnes. On est super bien ici mais donnons le levier pour garder cette attractivité », nous confiait Sylvain Bobillier-Monnot en décembre dernier.

Une ligne rentable

Ce 3 février, les représentants de la SNCF et de TGV Lyria ont présenté un panorama détaillé de la desserte Paris-Lausanne via le Jura et « confirmé que cette ligne est rentable avec un taux de remplissage très satisfaisant. Cette ligne fonctionne très bien avec des TGV trop souvent complets. Le rétablissement du 4ème TGV quotidien est donc une nécessité », poursuivent les deux Hauts-Doubiens.

La mobilisation ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Une délégation du collectif a été reçue le 10 février par le préfet du Doubs, Rémi Bastille, et appelle l’ensemble de la société civile franco-suisse, les décideurs politiques, économiques et associatifs à signer, partager et relayer la pétition d’ici la mi-avril, avec un objectif de 5 000 signatures à court terme, puis le cap des 10 000 signataires