Une unité d’accueil pour les enfants en danger au CHU de Besançon

C’est dans le cadre du plan de lutte gouvernemental contre les violences faites aux enfants que le CHU de Besançon a inauguré le vendredi 20 octobre une Unité pédiatrique d’Accueil Pour les Enfants en Danger (UAPED). L’objectif de cette unité est de mieux prendre en charge les enfants et jeunes victimes de violences.

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Moment important de signature de la convention entérinant la création de l'unité UAPED au CHU de Besançon ©YQ

La première convention a réuni le CHU de Besançon, le CH de Novillars, le Parquet de Besançon, la gendarmerie nationale, l’ARS de Franche-Comté, l’association France Victimes, le Conseil départemental du Doubs et l’Etat.

Les UAPED ont 4 missions principales

L’unité de Besançon est composée de pédiatres, d’infirmières puéricultrices et d’une assistante médico-administrative. Elle est rattachée aux urgences pédiatriques sous la responsabilité du Professeur Gérard Thiriez.

L’UAPED reçoit directement les patients lors d’une consultation spécialisée et fournit également des avis aux professionnels des services de pédiatrie. Les demandes proviennent aussi des professionnels de santé extrahospitaliers (médecins généralistes ou pédiatres libéraux), des équipes éducatives de l’Education Nationale, les professionnels de la petite enfance, de la famille, des travailleurs sociaux. C’est aussi des personnes de l’entourage de l’enfant. Cet accueil contribue à identifier les problèmes médicaux et psychologiques liés à une éventuelle maltraitance ou d’autres situations de danger pour l’enfant.

L’UAPED réalise également des examens médico-judiciaires sur réquisition des services de gendarmerie, de police, dans le cadre d’une enquête judiciaire ou à la demande d’un magistrat. Etienne Manteaux, le Procureur de la République s’est félicité de l’installation de cette unité en ajoutant « en 2026, nous pourrons installer dans cette unité une salle d’audition en même temps que tous les services de médecine légale seront concentrés au CHU Minjoz. Ainsi, l’ensemble de la chaîne de soins, d’écoute et les procédures judiciaires et médico-légales seront au même endroit ». Rapidité, efficacité pour documenter les preuves médicales des cas de maltraitance ou d’abus sur les enfants sont les objectifs poursuivis par cette unité.

L’équipe de l’UAPED agit pour sensibiliser et former les professionnels de santé à détecter les signes de maltraitance infantile pour mieux les préparer à l’intervention la plus adaptée.

Enfin, l’unité d’accueil des enfants en danger organise des actions de prévention en direction du public.

Repérer et diagnostiquer
Adèle Schiby, Médecin pédiatre, référente de l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger au CHU de Besançon ©YQ

Adèle Schiby, pédiatre référente de l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger du CHU de Besançon l’espère « la création de cette unité va nous aider à repérer les situations de maltraitance et mieux les diagnostiquer. Encore trop de médecins et professionnels de la petite enfance sont en difficulté face à de telles situations. Le manque de formation et de prévention peut conduire à des drames ». De son côté, le Procureur de la République souligne l’avancée dans les signalements. « Les médecins, du fait du secret médical, ne sont pas tenus au respect de l’article 40 (signaler les cas de maltraitance…). Toutefois, les personnels de direction de l’hôpital non médecins ont cette obligation de signalement ».

Diminuer les lieux d’accueil et les interlocuteurs

Tous les professionnels intervenant dans la prise en charge de l’enfant sont regroupés dans un même lieu. Auparavant, les victimes étaient adressées aux urgences pédiatriques, retardant ainsi la bonne prise en charge et les éventuelles actions judiciaires.

Dans la présentation des locaux, Adèle Schiby souligne l’importance de rassurer et sécuriser l’enfant. Par un accueil ludique, l’enfant oublie l’examen médical ou l’audition dans un environnement plus calme et serein.

La prise en charge pluridisciplinaire permet à chacun de coordonner les savoirs : médecins, infirmières, psychologues, policiers ou gendarmes. Cette unité est vraiment un lieu d’écoute et de soins pour ces enfants victimes, une façon d’améliorer le repérage et la prise en charge de ces enfants.

Yves Quemeneur