
Il est 10 h 30 à l’école maternelle Lavoisier de Valdahon. Dans la cour de récréation, les enfants s’éparpillent entre balançoires en pneus, vélos et toboggans. Certains quittent le bitume, enfilent une combinaison, et vont dans l’herbe manipuler la terre.
Ici, les élèves de petite, moyenne et grande section jouent ensemble, comme ils apprennent ensemble en classe : « Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de règles. Mais c’est justement en leur laissant des libertés que l’on évite des comportements inappropriés. », explique la directrice et enseignante Isabelle Bôle.
L’histoire de ce projet remonte à une quinzaine d’années. À l’époque, Isabelle Bôle et le reste des enseignants se remettent en question : « On avait l’impression d’être partout et nulle part en même temps. On a construit l’école de nos rêves ensemble et on a retrouvé un vrai bonheur à enseigner », confie-t-elle.
Le pari du multi-âge
L’école maternelle Lavoisier est la seule école publique du Doubs à avoir choisi, par conviction pédagogique, une organisation des classes multi‑âges. Le but étant de favoriser l’entraide : « Les plus grands ont leur rôle à jouer dans l’éducation des plus petits, mais c’est également juste dans l’autre sens. Lorsque l’enfant prend soin d’un autre, il prend confiance ».
Dans cette école de 96 élèves, le multi-âge n’est qu’un pan du projet éducatif. Au-delà des apprentissages scolaires, l’école met l’accent sur le développement des fonctions exécutives : « C’est la base de l’apprentissage. On amène l’enfant à trouver la solution par lui-même, en lui laissant un maximum d’autonomie. Le but est de rendre le cerveau souple. Quand on le laisse s’habiller tout seul, s’organiser dans ses affaires, il apprend déjà beaucoup ».
Une école Montessori ?
« Nous ne sommes pas dans le dogme Montessori, on y pioche des idées ». Notamment le matériel éducatif, favorisant l’apprentissage par la manipulation, le sensoriel : « Les neurosciences confirment que ces outils suivent le fonctionnement logique du cerveau ».
L’école accorde également une place centrale au bien-être de l’enfant. « Bien-être pour bien apprendre », résume la directrice, qui revendique un cadre où l’élève doit avant tout se sentir à l’aise. Les enseignants travaillent avec leurs élèves à la gestion des conflits et à comprendre leurs émotions : « Nous avons une formatrice en compétences psychosociales, qui se joint à nous une fois par trimestre pour former notre équipe ».
Quand le bien-être rime avec réussite scolaire
Avant chaque rentrée scolaire, les parents des futures 1ères sections maternelle sont conviés par l’équipe pédagogique, pour une présentation du fonctionnement de l’école : « Les parents sont très heureux, ils savent que leurs enfants passent une bonne journée ». Du point de vue purement scolaire, ils n’ont pas à s’inquiéter : « Lors de l’évaluation nationale de CP, nos élèves ont les mêmes résultats que dans les autres écoles ».
Isabelle Bôle et son équipe ont façonné à leur image l’école maternelle Lavoisier de Valdahon, avec une vision de l’éducation qui leur est propre. Pour structurer cette démarche, l’établissement a d’ailleurs déposé son projet auprès du Pôle académique de recherche, de développement, d’innovation et d’expérimentation (PARDIE) à Besançon, une structure de l’Éducation nationale qui accompagne les initiatives pédagogiques innovantes.





























