« Ne pas témoigner serait trahir »
Ouvert en 1971 grâce à l’énergie sans faille de Denise Lorach, ancienne déportée, le musée a accueilli plus de deux millions de visiteurs. Sous l’impulsion de Vincent Briand, directeur du musée, le site au cœur de la Citadelle de Besançon, devient un lieu d’Histoire mais également un « outil citoyen » au service de l’éducation civique.
Face au monument des fusillés où 98 résistants furent exécutés entre 1941 et 1944, la nouvelle scénographie du musée permet à chacun de s’interroger sur l’Histoire, sur les raisons de l’effondrement d’une démocratie, sur les répressions sanglantes et l’extermination à grande échelle. Ces questions font écho à notre monde contemporain.
« La mémoire ne prend pas de vacances »
En inaugurant le nouveau musée de la Résistance et de la Déportation, Patricia Miralles Secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la Mémoire souligne « Pendant 4 longues années, l’occupant avait banni toute humanité à la Citadelle de Besançon ».
Cette mémoire s’écrit par les 120 000 pièces de collection et les 14 000 ouvrages offerts par plus de 1 600 donateurs, célèbres ou anonymes.
600 œuvres d’art en déportation
Le musée de Besançon possède le fonds d’art en déportation le plus important d’Europe. 600 dessins, peintures, statuettes sont regroupés dans deux salles. Ces œuvres d’art disent la volonté de transmettre et témoigner dans les camps de concentration ou les prisons du IIIe Reich. Malgré la faim et la mort, omniprésentes, certains ont eu le courage de dessiner, peindre et écrire en cachette sur de petits morceaux de papier !
La scénographie repensée du musée de la Résistance et de la Déportation se déroule en 10 salles d’exposition : l’Allemagne nazie dans les années 1930, l’effondrement de 1940, les Français sous Vichy et l’Occupation de 1940 à 1944, des résistances à la Résistance, les vies en sursis et la répression, la déportation et système concentrationnaire nazi de 1933 à 1945, la libération. Le dernier thème porte sur la reconstruction, la transmission et l’héritage que chacun doit conserver.
Le musée de la Résistance et de la Déportation est désormais « un écrin dans l’écrin exceptionnel du site de la Citadelle ». Il ne doit plus être un lieu de curiosité entre deux promenades au parc animalier, mais un lieu de mémoire pour ne jamais oublier que l’horreur des Hommes est jamais loin !