Haut-Doubs. Usine Parrenin à Villers-le-Lac : une lettre ouverte relance le débat à l’approche des municipales

À Villers-le-Lac, l’avenir de l’ancienne usine d’horlogerie Parrenin relance le débat à quelques mois des élections municipales. Une lettre ouverte d’un collectif citoyen, auquel participent certains membres de la liste d’opposition, vise à préserver le bâtiment construit en 1876.

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© Sonia Dourlot, Région Bourgogne-Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, 2016.

La publication d’une lettre ouverte appelant à la préservation de l’ancienne usine d’horlogerie Parrenin, à Villers-le-Lac, a relancé le débat sur l’avenir du bâtiment. Portée par un collectif citoyen, la démarche fait suite à une réunion municipale consacrée au permis de construire de la future maison des associations, au cours de laquelle la maire Dominique Mollier a évoqué le devenir du site Parrenin, avec l’hypothèse d’une cession à un promoteur. Dans cette lettre datée du 10 décembre 2025, le collectif y exprime son inquiétude face à un projet municipal qui, selon lui, « entraînera la destruction de l’usine Parrenin ».

Construite en 1876 et agrandie au fil du temps, cette ancienne usine d’ébauches de montres a longtemps joué un rôle central dans l’industrie de la commune. Devenue bâtiment communal en 1993, elle accueille aujourd’hui plusieurs associations. Le collectif met en avant le lien entre le bâtiment et l’identité horlogère de Villers-le-Lac et demande à la fois une opposition à toute éventuelle démolition et l’inscription officielle du site au patrimoine régional.

Une récupération politique ?

Une lecture que nuance Dominique Mollier, maire de Villers-le-Lac depuis onze ans. L’élue conteste : « Je n’ai jamais parlé de démolition », rappelant que la réflexion municipale s’inscrit dans un temps long. « On est dans les appels d’offres pour la future maison des associations. Les négociations pour l’usine se feront dans trois ans minimum. Le but serait d’en faire des appartements, car la population augmente et il nous manque des logements au centre-ville ». Pour la maire, le débat est avant tout instrumentalisé à des fins politiques. Elle souligne que le responsable du collectif, Thierry Munier, figure sur la liste d’opposition en vue des municipales. Sur le fond, Dominique Mollier se montre sceptique quant à la valeur patrimoniale du bâtiment. « Je suis née à Villers-le-Lac et, pour moi, ce n’est pas le fleuron de l’horlogerie », avance-t-elle, évoquant « un gouffre financier » difficilement réhabilitable et coûteux à entretenir.

Un héritage négligé

De son côté, Pascal Viennet, candidat aux futures élections municipales sur une liste opposée à l’actuelle majorité, soutient le collectif. Écartant l’idée de récupération politique ou de confrontation électorale, il réfute également l’argument du « gouffre financier » donné par la maire Dominique Mollier : « c’est plutôt la reconnaissance d’une mauvaise gestion d’avoir laissé ce bâtiment sans rénovation pendant toutes ces années », avance-t-il. Le candidat assure ne pas vouloir faire de la préservation de l’usine un axe principal de sa campagne municipale, il défend une réflexion plus large sur la restructuration des rues Parrenin et Pasteur : « le bâtiment s’inscrira dans la réflexion. Ce sont des projets qui doivent être menés en concertation avec les occupants du secteur ».