
Quel est votre bilan de ces Jeux d’hiver 2026 ?
Élisabeth Drezet (E.D.) : On ne peut qu’être satisfait. On espérait beaucoup de nos athlètes, Lou (Jeanmonnot) en tête, mais très sincèrement, je ne pensais pas que Quentin (Fillon-Maillet) pourrait revenir au plus haut niveau pour aller chercher l’or en individuel comme il l’a fait. Le massif jurassien compte dans ses rangs l’athlète français le plus titré aux Jeux olympiques, rendez-vous compte ! Vous ajoutez à cela de très belles premières, comme Cloé (Pagnier), qui a montré qu’elle avait tout d’une future championne (12e du 50 kilomètres en ski de fond) : c’est très, très satisfaisant.
Joël Pourchet (J.P.) : Huit médailles pour deux biathlètes du massif jurassien, c’était presque inimaginable ; on ne le reverra jamais, je pense ! On a forcément un petit regret pour Oscar (Lombardot), qu’on aurait aimé voir sur la mass-start après son bon début de saison !
Comment expliquez-vous la réussite du comité du massif jurassien, si « petit » au regard des moyens déployés par les départements voisins ?
E.D. : On fonctionne avec environ un million d’euros sur l’année grâce aux aides qui viennent notamment de la région Bourgogne-Franche-Comté… En l’état, on est plutôt « bien lotis » par rapport aux autres disciplines, parce que justement nous produisons des champions. Chez nos voisins, le budget est triplé, voire quadruplé, et quand ils ont besoin d’infrastructures ou d’un soutien particulier, ils trouvent toujours — ou presque — un soutien des élus. Ici, les élus font ce qu’ils peuvent à l’heure où les aides financières ne sont pas assurées. Derrière, cette réussite s’explique par l’investissement des clubs locaux, la base de tout notre fonctionnement. Ce sont eux qui donnent le goût aux jeunes, eux qui les coachent dès le plus jeune âge et les poussent à continuer malgré, parfois, les conditions difficiles ou le manque de neige. Aujourd’hui, le massif jurassien compte près de 3 500 licenciés, dont 1 700 compétiteurs.
Ces performances vous assurent-elles une continuité avec vos partenaires et sponsors, l’autre volet de votre budget ?
J.P. : Nous avons des partenaires généraux, mais chaque commission dispose aussi de ses partenaires privés et chaque athlète peut également avoir ses propres soutiens. Grâce à ce soutien financier supplémentaire, on arrive par exemple à financer deux entraîneurs au biathlon. Avec ces résultats exceptionnels, on peut espérer au moins pérenniser un partenariat avec nos sponsors habituels.
E.D. : En parallèle, le comité du massif fournit un bus pour chaque sport. Le ski de fond, le saut et le combiné nordique ont beaucoup plus de mal à trouver des sponsors. Cela s’explique surtout par la médiatisation du biathlon, qui a trouvé sa place à la télévision et qui plaît au public pour son format court et intense. C’est notre vitrine et c’est aussi ce qui nous permet de trouver de nouveaux licenciés. Cette année, lors d’une compétition aux Saisies, je suis tombée sur deux jeunes qui s’amusaient à « faire la course ». Comme un gamin qui rêve d’être Zidane au football, les deux disaient : « Je veux être Lou. » Nos athlètes deviennent des sources d’inspiration et c’est quelque chose de nouveau dans le biathlon, qu’il faut apprendre à gérer, mais qui ouvre la voie à une évolution importante du sport.
Que manque-t-il localement aux sports que vous représentez pour mieux fonctionner ?
E.D. : Une aide directe aux clubs, que ce soit pour financer des entraîneurs ou pour organiser des compétitions comme les longues distances, souvent annulées. Aujourd’hui, certains clubs se regroupent pour être plus solides et je pense que c’est la ligne à suivre, mais il faudrait mieux les accompagner.
J.P. : En contrepartie, les clubs s’organisent aussi pour proposer des activités toute l’année, y compris l’été, avec des sorties en plein air.
Avez-vous déjà des consignes et des perspectives en vue des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises ?
J.P. : Ce seront les prochaines élections et le renouvellement des personnes dans les différents bureaux qui définiront la ligne à suivre. Pour le comité de ski du massif jurassien, l’élection aura lieu le 25 avril. Nous réfléchirons de notre côté pour savoir si nous repartons ou non ; rien n’est encore déterminé. Du côté des athlètes, la création d’un groupe « Excellence 2030 » permet de réunir les meilleurs jeunes pour les préparer aux JO d’hiver dans quatre ans. Ils sont actuellement dix du massif jurassien à faire partie de ce pôle.
Vous prévoyez un rendez-vous spécial pour accueillir les athlètes du massif jurassien ?
E.D. : C’est dans les tuyaux, mais malheureusement la saison n’est pas terminée et les calendriers de chacun sont très, très chargés. On veut organiser ce moment pour saluer nos champions et fêter la réussite de notre comité. Si nous n’arrivons pas à trouver de date avant, nous célébrerons tout cela à l’occasion des championnats de France de ski nordique prévus du 27 au 29 mars au stade des Tuffes.






























