Besançon. Municipales 2026 : une fausse analyse des programmes sème la confusion

Une étrange « analyse » des candidats bisontins aux élections municipales de 2026, créée par un site internet, SensPo, a été rapidement partagée par certains confrères puis largement relayée par plusieurs militants et soutiens d’Anne Vignot. Le site, créé il y a huit mois et se définissant comme un « observatoire politique indépendant », prône la transparence et l’objectivité. Mais son « analyse », uniquement basée sur les professions de foi, sème surtout la confusion.

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Les messages de soutien à Anne Vignot et d’autosatisfaction de certains de ses colistiers et soutiens se sont multipliés ces dernières heures sur les réseaux sociaux, après la publication d’un post par nos confrères. Intitulé « Qui a le programme le plus crédible ? », le contenu reprend les données livrées par un étrange site internet nommé SensPo, qui se présente comme un « observatoire politique indépendant ».

Il est d’abord difficile d’accéder à ce site, bloqué par certains pare-feu et logiciels antivirus. Surtout, « l’analyse » de SensPo s’appuie sur une intelligence artificielle reprenant uniquement les professions de foi des candidats disponibles sur le Répertoire national des élus, qu’elle croise avec des données ouvertes du gouvernement pour en décrypter le contenu, avant d’attribuer une note selon plusieurs critères. Ainsi, en raison d’une photocopie de mauvaise qualité, la profession de foi du Rassemblement national se retrouve par exemple non notée, « faute de texte suffisant », précise le site internet. On peut pourtant y lire de nombreuses propositions de Jacques Ricciardetti (Changeons Besançon) qui dresse notamment neuf priorités.

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Notes étranges, remarques incohérentes

Pire, les notes sont évolutives et dégradent tous les programmes des candidats depuis quelques jours. Alors que la profession de foi d’Anne Vignot trustait ce classement avec une note de 9,9/10 dans les premières heures de publication, ce jeudi 12 mars à 18 heures, l’écologiste n’obtient plus que 6,4/10. Sur la base d’un programme similaire mais plus radical, La France insoumise obtient actuellement 2,7/10. SensPo ne s’embarrasse pas pour Lutte ouvrière, à qui il attribue la note de 0 en raison de l’absence de chiffres et de véritables mesures municipales dans la profession de foi. De leur côté, Ludovic Fagaut (Ensemble Besançon Avance) et Éric Delabrousse (Besançon Mérite Mieux) obtiennent actuellement 5,6/10 et 5,4/10.

Ce sont surtout les remarques générées par SensPo qui apparaissent trompeuses et confuses. Alors que le site internet de Faire Mieux Pour Besançon (LFI) est l’un des plus détaillés et que plusieurs articles de presse ont permis à sa tête de liste de préciser certains financements, certaines mesures sont jugées irréalistes, non chiffrées ou incohérentes. Cet « observatoire » classe également la gratuité du stationnement le midi, proposée par Ludovic Fagaut, à la fois en « alerte budgétaire » et en « point positif ». Même constat pour Anne Vignot : le site estime que les 3 000 logements prévus sur six ans représentent un coût public « non estimé », avant de reprendre la même mesure parmi les points positifs en ajoutant la mention « engagement chiffré et mesurable ».

De son côté, Éric Delabrousse base également sa campagne sur un site internet intuitif et efficace. Mais il se retrouve pénalisé par SensPo qui, contrairement aux autres candidats, retranscrit sa profession de foi de manière incompréhensible. Une analyse incohérente et évolutive au fil des journées qui, à 72 heures du scrutin, interroge.

Érigé en exemple par les soutiens d’Anne Vignot au moment où le programme de la candidate était considéré comme quasi parfait, l’article de nos confrères a depuis été supprimé et un nouveau contenu est venu préciser les éléments. Invitablement, certains adversaires et soutiens ont rapidement dénoncé cette « manipulation ». Le site internet SensPo semble avoir été créé il y a huit mois, avec un siège social basé à Champigny-sur-Marne. Avant les élections municipales, il se concentrait surtout sur des articles liés à l’énergie en France, notamment autour du programme nucléaire ou du détail des votes des députés français. Gare au traitement des informations en période électorales.