Un ralentissement plus marqué qu’au niveau national
Au 31 décembre 2025, 48 450 frontaliers résidant dans la région travaillaient en Suisse. Ils représentent 20% de l’ensemble des frontaliers français ayant un emploi dans ce pays. Leur nombre a progressé de 0,5% en 2025 contre une augmentation de 1,5% en 2024 et 6,7% en 2023. Il diminue même dans le Haut-Doubs et le Pays de Montbéliard.
La distance des départements francs-comtois avec les grandes agglomérations suisses (Genève ou Bâle) rend les flux frontaliers plus dépendants de la conjoncture économique, notamment industrielle. Les autres régions limitrophes (Auvergne Rhône-Alpes et Grand Est) où les espaces frontaliers sont adossés aux grands centres urbains suisses, jouent un rôle d’amortisseur compte tenu de la richesse de l’offre d’emplois présentiels.
Moins de frontaliers dans l’industrie
Le ralentissement s’inscrit dans un contexte de conjoncture internationale peu favorable côté Suisse. Les industries helvétiques, très exportatrices, ont été particulièrement impactées par le relèvement des droits de douane par les États-Unis. L’exportation de biens et de services pèse pour 72% dans le PIB de la Suisse (contre 34% en France).
L’emploi frontalier industriel provenant de Bourgogne Franche-Comté a baissé de 1,7% sur un an, s’établissant à 19 160 frontaliers travaillant dans l’industrie fin 2025 (soit 40% de l’effectif régional). Il concerne principalement l’horlogerie pénalisée par le ralentissement de l’économie chinoise et de la faiblesse du yuan. L’industrie horlogère et les autres industries manufacturières impactent plus les emplois frontaliers en Franche-Comté qu’en Auvergne Rhône-Alpes dont la progression persiste.
Baisse conjoncturelle de l’intérim
L’ajustement à la baisse des activités industrielles suisses se reflète dans l’intérim. Le nombre de frontaliers intérimaires passe sous la barre des 4 000 emplois. La baisse consécutive sur les années 2024 et 2025 fait suite à des hausses importantes au cours des années précédentes (+22,4% en 2022 et même +36% en 2021).
Les activités présentielles soutiennent l’emploi frontalier
Côté Suisse, les métiers de la santé et de l’action sociale (5 180 frontaliers) recrutent fortement en Bourgogne Franche-Comté. Ils concernent plus souvent les emplois d’infirmiers que de médecins. C’est le cas également des secteurs du commerce et de l’hôtellerie-restauration (7 000 frontaliers). Cela concerne aussi les services aux entreprises notamment dans le nettoyage et l’informatique (6 300 frontaliers). Le canton de Vaud, à l’activité économique plus diversifiée, voit le nombre d’emplois frontaliers continuer à croître.
Les activités juridiques et comptable ainsi que d’architecture et d’ingénierie, longtemps moteurs de la croissance des emplois frontaliers, contribuent peu à leur croissance.
Le ralentissement concerne les trois départements limitrophes
Sept frontaliers sur 10 résident dans le Doubs (34 300 navetteurs). Les flux de frontaliers n’y progressent plus (+0,1% en 2025). Les quatre EPCI du Haut-Doubs, orientées vers les cantons de Neuchâtel et du Jura, enregistrent un recul du nombre de travailleurs frontaliers, lié au repli de l’activité horlogère en Suisse.
La Communauté de communes « Lacs et Montagnes du Haut-Doubs » héberge désormais le plus de travailleurs frontaliers. Ils sont 5 800 frontaliers (en hausse de 2,4%), détrônant le « Val de Morteau » avec 5 700 frontaliers (en recul de 1,6%). Les territoires frontaliers plus en proximité avec le canton de Vaud, continuent d’attirer de nouveaux frontaliers.
Dans le Jura et le Territoire de Belfort, le nombre de frontaliers augmente encore mais plus faiblement (respectivement +1,1% et +1,4%).
La récente visite à Besançon de l’ambassadrice de Suisse en France, marque l’intérêt de la Confédération à tisser encore plus de liens économiques avec la Bourgogne Franche-Comté. C’est aussi le sens donné au développement de l’Arc jurassien franco-suisse, une communauté de 1,8 million d’habitants sur 230 kilomètres de frontière commune.




























