
Jeudi 9 avril, environ 200 personnes se sont rassemblées face à l’Hôtel de ville de Besançon pour dénoncer la montée d’un racisme latent depuis des centaines d’années dans notre pays et qui semble plus en plus décomplexé.
Une mobilisation citoyenne face à un racisme « décomplexé »
À l’initiative d’Hasni Alem, élu d’opposition et figure du Parti communiste, récemment victime de propos racistes et de menaces de mort, pour lesquels il a déposé plainte, cette mobilisation a réuni plusieurs élus locaux et représentants associatifs. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Anne Vignot (Les Écologistes), Aline Chassagne (Parti communiste français) et Séverine Véziès (La France insoumise). Tous ont appelé à une prise de conscience collective face à un phénomène qu’ils estiment profondément ancré dans la société française.
Des élus en première ligne
La cheffe de file de La France Insoumise Séverine Véziès a pris la parole, aux côtés d’Hasni Alem pour dénoncer le racisme. Elle a rappelé l’importance du rôle des élus dans la dénonciation de ces comportements jugés « insupportables« . « La partie visible de ces attaques racistes ce sont les élus qui la subissent. Donc c’est important en tant qu’élu de montrer l’exemple et de dénoncer pour que toutes celles et ceux qui sont anonymes et qui reçoivent en pleine face ce racisme au quotidien entendent que ce n’est pas acceptable et que la peur doit changer de camp. » Organisateur du rassemblement, Hasni Alem sait de quoi il parle. En tant qu’élu depuis plusieurs années, il est confronté quotidiennement aux attaques en raison de ses origines : »En tant qu’homme public, je reçois des messages, des commentaires sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui c’est important de montrer que l’on n’est pas seul face à ce phénomène » rappelle t-il.
L’élu d’opposition a égalemeny dénoncé ce qu’il considère comme un « manque de clarté de certains responsables politiques locaux » face à ces enjeux, citant notamment ses relations avec Ludovic Fagaut, nouveau maire de Besançon : « Pendant six ans où nous avons été élus, il ne m’a jamais adressé la parole ni serré la main. Il n’a jamais condamné les propos racistes me concernant. Pour moi, il y a une ambiguïté. »
Des témoignages spontanés et sincères
Plus qu’un simple rassemblement politique, les organisateurs ont souhaité créer un espace d’expression pour les personnes directement confrontées au racisme. Plusieurs anonymes ont ainsi pris la parole pour évoquer les discriminations qu’ils subissent au quotidien. Certains ont souligné les obstacles à l’emploi liés au port du voile ou à leur couleur de peau. D’autres ont décrit des insultes répétées, pesant lourdement sur leur moral. Une étudiante en prépa d’origine martiniquaise a par exemple témoigné de ses difficultés à mener des études scientifiques dans un domaine où sa couleur de peau semble être plus importante que ses capacités intellectuelles. Ces témoignages, à la fois sincères et improvisés, ont rappelé combien le racisme reste une réalité bien présente, parfois difficile à percevoir pour celles et ceux qui n’y sont pas directement confrontés.
Un rassemblement en écho à l’actualité nationale
Au-delà de la dimension locale, ce rassemblement contre le racisme s’est inscrit dans un contexte national lourd marqué par plusieurs polémiques. Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis, le maire de La France insoumise Baly Bagayoko est la cible d’une vague de propos haineux à caractère raciste proférés par des chroniqueurs de CNEWS. Séverine Véziès et Hélène Magnin-Feysot, représentantes de la France Insoumise étaient d’ailleurs présentes pour marquer leur soutien. La cheffe de file de La France Insoumise à Besançon a d’ailleurs demandé « la suppression de CNEWS » de l’espace médiatique français.






























