Invité de la semaine. Romain Vermot, l’un des plus jeunes maires du Doubs

À tout juste 30 ans, Romain Vermot a été élu maire de Villers-le-Lac, commune du Haut-Doubs de 5 200 habitants, le 15 mars dernier avec 52,6 % des suffrages. Expert en informatique, passé par la Silicon Valley et passionné de politique, le jeune villerier incarne une nouvelle génération d’élus, déterminée à bousculer les codes et à insuffler un nouveau dynamisme.

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Le nouveau maire de Villers-le-lac, Romain Vermot, représentant une nouvelle génération d'élus

Qu’est ce que ça fait d’être l’un des plus jeunes maires du Doubs ?

C’est une belle responsabilité. Je suis conscient des attentes des habitants. Il faut être à la hauteur de cette responsabilité. J’ai souhaité que l’on se mette au travail très rapidement. On est jeune donc on va attendre beaucoup de résultats de notre part mais il faut utiliser la force qui est la notre : dynamique et énergie tout en s’appuyant sur l’expérience des personnes qui ont déjà fait d’autres mandats.

Est-ce que l’on vous a reproché votre âge pendant la campagne ?

Non, pas du tout. Finalement celui qui me l’a le plus reproché, c’est moi même (rires). Ça n’est pas venu dans les débats car j’ai déjà été adjoint et délégué à la Communauté de communes du Val de Morteau. Donc mon expérience n’a jamais été un enjeu de campagne. Et ce qui a beaucoup rassuré aussi c’est que mon premier adjoint était le premier adjoint de l’ancien maire. Il connait le fonctionnement de la commune. Je suis très bien entouré et finalement ils ont plutôt vu ça comme un atout qui a été validé par les urnes.

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans la politique dès 2020, alors que vous n’aviez que 24 ans ?

J’aurais presque voulu commencer encore plus tôt s’il n’y avait pas eu mes études (rires). Je suis vraiment passionné par la politique depuis tout petit. J’ai toujours baigné dans ce monde là. J’ai souvenir des premiers dépouillements avec mon papa à l’époque du duel Lepen-Chirac en 2002. Je fais partie de cette génération qui souhaite s’engager autrement et agir concrètement. C’est pourquoi j’ai souhaité m’engager tôt, dès 2020.

Quelles sont les qualités d’un jeune maire ?

La jeunesse est une chance pour moi. Nous n’avons pas peur de remettre en question ce qui a été mis en place par le passé, avec le respect de ceux qui nous ont précédé. Les qualités d’un jeune maire c’est vraiment de ne pas avoir peur de remettre des dossiers sur la table. Des dossiers qui, par lassitude ont pu être mis en bas de la pile. C’est aussi important de savoir que quand on est maire le temps s’écoule et que le mandat aura une fin. Il faut donc être à la hauteur tout au long du mandat.

Comment allez-vous concilier vos nouvelles responsabilités avec votre vie de jeune trentenaire ?

Evidemment, c’est un choix que j’ai fait avec ma conjointe parce qu’il y a la partie financière : je souhaite m’investir complètement pour la commune, c’est pourquoi j’ai préféré mettre de côté mon activité professionnelle de développeur. Et il y a la partie « temps », parce que l’on passe notre vie à la mairie. C’est vrai qu’à tout moment on peut être appelé pour un décès, pour un accident, pour un incendie en plein milieu de la nuit donc il fallait vraiment que ça soit un choix pris ensemble. Et là dessus je suis très soutenu par mon épouse. J’ai la chance qu’elle travaille et qu’elle puisse m’aider, m’accompagner dans cette mission.

Quels sont vos projets pour votre mandat à Villers-le-lac ?

Villers-le-lac est géographiquement une commune très particulière. Il est impossible de tout regrouper dans un même centre-ville. Donc on a proposé une vision globale axée autour de cinq pôles qui seront développés : un pôle administratif et éducatif, un pôle commercial au centre ville avec le musée de la montre que l’on va transformer en commerces, un pôle loisir avec la transformation du terrain de foot en un parc, un pôle culturel avec la création d’une maison des associations et pôle sportif avec le développement d’une piste d’athlétisme.

Concernant la Communauté de communes du Val de Morteau, quelles responsabilités allez-vous avoir ?

J’ai été élu premier vice-président de la CCVM avec un volet numérique et un volet touristique. Le tourisme est un enjeu primordial que je souhaite absolument développer. L’une des priorités est de faire rentrer le Saut du Doubs dans le Réseau des Grands Sites de France (RGSF), un label environnemental pour protéger le lieu.

Vous êtes encore jeune, est ce que vous avez des envies politiques pour l’avenir ?

Je pars du principe qu’il faut travailler chaque mandat sérieusement. Après, il faut savoir prendre des opportunités quand elles se présentent. Mais là, l’objectif est avant tout de travailler pour Villers-le-lac et ses habitants. On verra pour la suite, j’ai trente ans, je ne suis pas trop inquiet pour la suite.

Qu’est ce que vous diriez aux jeunes qui hésitent à s’engager en politique ?

N’attendez pas parce que si vous ne vous engagez pas, d’autres le feront et prendront des décisions à votre place. Être élu local est une belle mission, nous sommes proches des gens et on agit concrètement pour eux. Il ne faut pas avoir peur.