Certaines défaites ont un goût plus amer que d’autres. C’est ce que tous les sportifs vous diront. Pourtant, pas besoin d’être sportif pour connaitre cette sensation. En ce sens, la politique se rapproche très clairement du domaine sportif. Si l’on poursuit ce parallèle, la gauche bisontine semble avoir été mise K.O par l’uppercut net et précis asséné par une droite revigorée qui n’a jamais été aussi puissante dans la capitale comtoise. Mais en sport comme en politique, c’est souvent dans la défaite que se construisent les futures victoires. C’est en tout cas le leitmotiv adopté par la droite bisontine durant toutes ces années de disette politique. C’est dans cette perspective que le Parti communiste français (PCF), présent au conseil municipal sortant s’est fait le relais d’une analyse plutôt juste et lucide de cette défaite, que toute la gauche semblait pressentir mais à laquelle personne ne voulait croire.
Premier point soulevé par les communistes, la fusion des listes d’Anne Vignot (Les écologistes) et de Séverine Véziès (La France Insoumise) « n’a pas fait perdre de voix à la gauche ». Au contraire, le score final d’Anne Vignot dépasse de plus de 12 % le total cumulé des deux listes au premier tour. Alors comment expliquer cette défaite ? Les représentants du PCF posent une question légitime : cette alliance avec La France Insoumise n’aurait-elle pas eu pour conséquence directe la sur-mobilisation des électeurs de droite et du centre ? Si cela se vérifiait, dans quelle proportion ? Rien n’est moins sûr mais la question a le mérite d’être posée. Clivante pour l’ensemble de la gauche, cette interrogation met en lumière un enjeu stratégique plus général et désormais crucial pour les forces de gauche.
Autre constat sans appel et particulièrement lourd de sens pour la gauche, l’analyse détaillée des résultats des élections municipales dans les quartiers populaires de la ville, historiquement acquis à la gauche. À Palente, Planoise ou encore Clairs-Soleil, si l’abstention reste la grande gagnante, les listes de droite devancent désormais systématiquement celles de gauche. Conscient de ces résultats, le Parti communiste ne semble pas se cacher derrière cet échec cuisant, aussi observé au niveau national : « il est fort probable que la gauche, qui se veut le porte-parole des quartiers populaires reste sourde à des aspirations importantes ».
Derrière cette analyse sans détour, il ne faut évidemment pas galvauder le rôle majeur joué par la campagne électorale particulièrement efficace menée par la droite de Ludovic Fagaut. Déjouant toutes les statistiques et en position d’outsider, il aura réussi a convaincre un électorat pourtant historiquement acquis à la gauche.
En sport, l’analyse d’une défaite repose souvent sur un double constat : les faiblesses de sa propre performance et la supériorité de l’adversaire. C’est, semble-t-il, ce qui s’est joué politiquement, ici. Au-delà du revers de la gauche, c’est avant tout la victoire de la droite bisontine qu’il convient d’examiner. Une victoire patiemment construite, nourrie des défaites passées.
































