Lombard. Une poignante cérémonie du souvenir au monument des aviateurs

Ce samedi 6 septembre, s’est tenue la traditionnelle cérémonie du souvenir en hommage aux huit aviateurs décédés dans le crash de leur avion le 1er septembre 1944, dans la forêt de Lombard, en présence d’Anick Jacquemet, sénatrice du Doubs, de Thierry Maire Du Poset, conseiller départemental, de la Maire de Lombard Martine Landry et des maires des villages alentours comme Abbans-Dessous, Byans, Chay,  Mesmay …

283
Sur les lieux du crash

C’est après la commémoration de la stèle Rossetti, à Arc-et-Senans, et le recueillement sur les tombes des différents soldats Français morts pour la France en 39 /45, que les huit tombes des aviateurs Australiens et Anglais ont chacune été fleuries. Puis les nombreux participants, dont les gendarmes Olivier Girod, Major de la brigade de Saint Vit et L’adjudant-chef Abraham Vincent, de la brigade de Quingey accompagnés d’un groupe des Sapeurs-pompiers de Quingey se sont rendus au monument des aviateurs à Lombard pour l’appel des morts, un dépôt de gerbes et la sonnerie des trois hymnes nationaux (australien, anglais et français), exécutée par le trompettiste Yves Fadier.

Martine Landry prit la parole devant huit porte-drapeaux pour rappeler les faits et l’appel des morts était lancé par un jeune homme, avec reprise par l’assemblée pour chaque nom cité de : « mort pour la liberté ! ».

« Nous sommes fiers de voir que le souvenir demeure, ce mémorial, baptisé monument des aviateurs a été édifié pour que ces combattants ne soient pas oubliés, et comme nous le constatons avec joie aujourd’hui, ils restent dans la mémoire des habitants des environs depuis ce triste 1er septembre 1944 ! Conserver et transmettre la mémoire tombe sous le sens… », indique Philippe Florin, président du Souvenir Français du comité de Quingey, accompagné de Roland Poncet, témoin du crash lorsqu’il avait sept ans, également présent qui se souvient : « Je fus tiré de mon lit pour descendre à la cave. Un gros avion tournait au-dessus de Byans-sur-Doubs. Etait-ce un avion ami ou ennemi, nous ne pouvions le savoir… ».

Se souvenir

Cette nuit-là, 3 avions alliés devaient parachuter des armes et des munitions pour le maquis du Val d’Amour. C’est un déluge de pluie qui s’abat sur Lombard et les environs en cette nuit du 31 aout au 1er septembre 1944. Éclairs et coups de tonnerre se succèdent. Vers 2h du matin, le père de Roland Poncet entend 2 avions qui passent au-dessus de Byans. Un 3e semble tourner en rond dans le secteur. Il vole très bas au point de frôler le clocher de Byans. Subitement, une immense explosion se fait entendre. Une immense gerbe de feu part du bois de Lombard.

Des témoins se précipitent sur le lieu du drame, ils avancent péniblement. Il fait nuit noire et les bottes s’enfoncent jusqu’aux mollets. Gaston Gloriod, instituteur, Robert Dotte, menuisier, ainsi que d’autres témoins, découvrent l’enfer. L’avion a explosé en se plantant dans le sol après avoir étêté un grand nombre d’arbres. Il brûle encore malgré la pluie et les déflagrations continuent.

Après recherches, ils retrouvent 8 corps dont certains sont mutilés et calcinés. L’un d’eux saigne du nez et donne quelque espoir de survie. Il est appuyé avec d’infinies précautions contre le tronc d’un chêne…Hélas, il vient de mourir !

Les plaques de ces 8 aviateurs révèleront leurs identités anglaises et australiennes. Ils avaient entre 19 et 30 ans, tous de jeunes officiers partis de Tempsford, au nord de Londres 2 Royal Air force et 6 Royal Australian Air force…

La cérémonie s’est terminée par le chant des partisans interprété par Guy Vigouroux, accompagné de Corine Guyon, puis par le verre de l’amitié offert par la mairie de Lombard.

Monument des aviateurs à Lombard, cérémonie commémorative