Le deuxième récolement décennal s’est achevé en fin d’année dernière. Qu’est-ce que cela signifie ?
Le récolement décennal est une obligation légale pour l’ensemble des musées qui ont l’appellation « Musée de France ». Cela signifie que nous sommes censés vérifier sur pièce et sur inventaire la présence de tous les biens censés être dans les collections. C’est un travail qui est absolument titanesque à mener à l’échelle de l’ensemble des musées ! Au départ, la loi était très optimiste puisqu’elle prévoyait que les musées avaient besoin de 10 ans pour réaliser ce récolement. Aujourd’hui, nous sommes au deuxième récolement décennal. On entame le troisième récolement décennal au début de l’année 2026. Presque aucun musée en France n’a accompli la totalité de son récolement, dont le musée du Temps. Même si, à l’issue de ce deuxième récolement décennal, on a quand même récolé plus de 33% des collections. Ce qui représente quand même presque 17 000 objets qui ont été vus, recensés, inventoriés et inscrits dans la base documentaire. Ce qui est quand même une masse assez importante. On estime qu’il y a environ 50 000 œuvres au total conservées au musée du Temps.
Pourquoi ce récolement décennal est si long ?
Ce sont des opérations qui sont souvent chronophages. Le musée du Temps a la particularité d’être aussi un musée de société. Comme beaucoup de musées de société, beaucoup d’objets sont entrés par des collectes massives, particulièrement importantes, qui n’ont pas forcément, lorsqu’ils sont arrivés dans les collections, été renseignés. Donc le musée du Temps doit non seulement faire le récolement, c’est-à-dire vérifier que les biens à l’inventaire sont présents dans le musée, mais il doit faire aussi l’inventaire de l’ensemble de ces grands lots qui sont arrivés de manière massive. On a fait le choix pour le musée du Temps d’avoir des accrochages qui vont valoriser le travail qui est fait par le récolement. Ce qui sera l’occasion de montrer des fonds pas forcément connus par le public qui ont été récolés par les agents.
Avez-vous « redécouvert » des objets à présenter ?
On trouve toujours de petits trésors. On a notamment le récolement qui se poursuit sur tous les fonds d’art graphique qui sont particulièrement importants. Par exemple, le très joli fonds Prunier que l’on a présenté était une des découvertes du récolement. Là, ce que l’on va présenter à partir de la fin du mois d’avril, c’est un petit accrochage autour d’une œuvre qui est une horloge astronomique réalisée par un horloger complètement autodidacte qui était un immigré italien qui travaillait dans la région de Pau. Il a réalisé cette œuvre pendant près de 20 ans qui fait plus de 2 mètres de long. Dans ce qui nous reste à récoler, il y a beaucoup de choses qui se raccrochent davantage aux arts et traditions populaires. Cela fait partie aussi de l’histoire ancienne du musée du Temps, avant que ne soit créé le musée Comtois. On a beaucoup de fonds ethnologiques qui sont à travailler, à étudier. Et puis, quelques fonds encore, effectivement, d’horlogers qu’il faut que l’on creuse mais je ne pense pas qu’on ait une pièce maîtresse qui en ressorte.
Sur les 50 000 œuvres, combien sont exposées dans la collection permanente aujourd’hui ?
Quelques centaines… De manière générale, les musées exposent entre 1 et 3 % de l’ensemble de leurs collections. On essaye, à chaque fois que l’on récole, d’avoir des belles prises de vue des objets, avec dans l’objectif de les mettre en ligne, à la fois sur « Mémoire Vive », qui est le site propre aux institutions patrimoniales de Besançon, mais aussi sur la base nationale des musées de France, de manière à ce que nos collections soient les plus visibles possibles.






























