Besançon. Cédric Villani rend hommage à Josette et Maurice Audin

Mercredi 17 décembre, Anne Vignot la Maire de Besançon et Aline Chassagne, adjointe à la culture, accueillaient le célèbre mathématicien à l’araignée pour dévoiler une plaque commémorative en hommage à un mathématicien tué en 1957 par l’armée française, en pleine bataille d’Alger.

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Cédric Villani rend hommage à Josette et Maurice Audin
Une plaque commémorative à Josette et Maurice Audin, a été dévoilée le 17 décembre 2025 sur l'esplanade du Maréchal Juin à Besançon ©YQ

Lors du dévoilement de la plaque leur rendant hommage, Fabrice Riceputi, professeur d’histoire très engagé dans le traitement du système répressif colonial en Algérie, a retracé leur parcours.

Deux scientifiques engagés

Étudiants à la faculté d’Alger, ils ont une vingtaine d’années quand ils se rencontrent. Ils partagent leur passion des mathématiques et l’amour de l’Algérie. Militants du parti communiste algérien, ils rejettent le colonialisme et sont favorables à l’indépendance de ce qui était à l’époque un département français.

En 1957, Josette Audin est professeure de mathématiques au lycée Gautier d’Alger et son mari, professeur de mathématiques à la faculté d’Alger. Mariés en 1953, ils ont eu trois enfants. Maurice Audin sera arrêté le 11 juin 1957 et déclaré « disparu » par les autorités militaires. Après son retour en métropole en 1966, Josette Audin ne cessera de mener un combat pour faire reconnaître la responsabilité de l’État français dans la mort de son mari. C’est chose faite en septembre 2018 par le Président Emmanuel Macron.

Une mémoire bisontine

Si les deux mathématiciens n’avaient pas de lien avec la capitale bisontine, ce sont des professeurs de mathématiques à la faculté des Sciences de Besançon, François Chatelet et Michel Henry, qui ont fondé le comité Audin.

Cédric Villani, Homme politique et mathématicien, participait au dévoilement de la plaque commémorative en hommage à Josette et Maurice Audin. Cédric Villani est le président du comité Audin ©YQ

Cédric Villani, médaille Fields en 2010 (l’équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques) est l’actuel président du comité Audin. Sa présence sur l’esplanade de la gare Viotte était donc doublement justifiée.

L’homme politique à la lavallière rouge, à l’allure de dandy, ancien député macroniste, a le verbe haut et élégant. Il a rappelé le combat des mathématiciens français et leur volonté de « construire une projet commun scientifique avec l’Algérie », l’organisation récente d’un colloque mathématiques à Tamanrasset, un prix scientifique franco-algérien « Maurice Audin, n’hésitant pas à célébrer « un homme qui a donné sa vie en martyr…un grand Français » !

Il a conclu son hommage en citant des vers du poème de Paul Eluard « Un homme est mort » en hommage à Gabriel Péri, homme politique, communiste français fusillé au Mont Valérien en décembre 1941 « Un homme est mort qui n’avait pour défense que ses bras ouverts à la vie, un homme est mort qui n’avait d’autre route que celle où l’on hait les fusils… ».

La plaque commémorative n’a pas modifiée le nom de l’esplanade de la gare Viotte de Besançon. Elle porte toujours le nom « Esplanade du Maréchal Juin » en hommage à l’un des généraux ayant contribué à la libération de l’Europe pendant la seconde guerre mondiale.

Yves Quemeneur