Besançon. L’avenir de la MJC Clairs-Soleils demeure plus que jamais incertain après une AG sous haute tension

L'assemblée générale de la MJC Clairs-Soleils avait lieu mardi 6 octobre. Suspendu au calendrier municipal, le versement des subventions à la MJC Clairs-Soleils ne se fera finalement qu'en décembre. Une décision qui plonge la structure dans une situation financière complexe et qui menace le futur de la structure.

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La salle de la MJC Clairs-Soleils était comble ce mardi 6 octobre pour l’assemblée générale de la structure. Habitants du quartier, adhérents et membre du bureau se sont réunis pour faire le point sur la situation financière et sur l’avenir incertain de la structure, pilier du quartier. Après la présentation du bilan comptable effectuée par le directeur Eric Schmitt, l’attention s’est rapidement portée sur la commissaire aux comptes, venue présenter ses conclusions et sur la position de la Ville de Besançon quant au versement des subventions.

Une « incertitude significative » sur la continuité de l’activité

Dans sa prise de parole, particulièrement attendue, la commissaire aux comptes a d’abord souligné que les comptes annuels de la structure avaient été reconnus « réguliers et sincères ». Mais le rapport souligne également une « incertitude significative liée à la continuité de l’exploitation ». Une alerte importante, qui sera réévaluée dans les deux semaines suivants l’assemblée générale, en fonction des mesures prises par la direction pour redresser la situation financière de la MJC. Annoncées lors d’une conférence de presse organisée quelques jours auparavant, la direction a ainsi présenté plusieurs mesures immédiates. Parmi elles, le licenciement de trois salariés sur les dix que compte actuellement la structure, soit, selon ses termes, « 25 % de la masse salariale en moins ». Autre décision annoncée : l’abandon du club multisport, présenté comme le principal poste de dépenses de la MJC.

La Ville maintient son calendrier

Du côté de la municipalité, malgré les engagements pris par la structure, le calendrier ne devrait pas évoluer. Présente lors de l’assemblée générale, Myriam Lemercier, adjointe chargée de la Politique de la Ville, de la vie des quartiers et de la vie associative, a d’ailleurs défendu la position de la municipalité. « La décision de verser la subvention sera prise en conseil municipal, début décembre. C’est la loi. On n’a pas la planche à billets. Il y a des règles et elles sont les mêmes pour tous, il n’y a aucune raison qu’on y déroge », a-t-elle déclaré. Une position qui a suscité de nombreuses inquiétudes chez les habitants et les élus de l’opposition municipale, notamment en raison du calendrier retenu.

Un conseil municipal doit se tenir le 15 octobre prochain. Mais le versement de la subvention à la MJC ne figure pas à l’ordre du jour. La décision devrait donc être repoussée au prochain conseil municipal, prévu le 3 décembre. Pour la direction de la MJC, ce délai pourrait avoir des conséquences immédiates sur la situation financière de la structure.

« Si vous retardez le versement de la subvention à décembre, nous ne pourrons pas payer les salaires du mois de novembre aux salariés », alerte le directeur, Eric Schmitt. Autre difficulté soulevée lors de l’assemblée générale : la commissaire aux comptes doit rendre ses conclusions définitives dans les quinze jours suivant l’assemblée. Si le versement de la subvention intervient en décembre, celui-ci ne pourra donc pas être pris en compte dans cette première analyse de la situation financière.

« Ce qu’on veut tous, c’est que la MJC ne ferme pas »

Tout au long de la réunion, plusieurs habitants du quartier ont pris la parole pour témoigner de leur attachement à la structure. Parmi eux, une habitante du quartier depuis sa naissance, également mère de famille, s’est inquiétée des conséquences d’une éventuelle disparition de la MJC. « Les premières personnes impactées, ça va être la jeunesse, les habitants. Ce qu’on ne veut pas, c’est un bras de fer entre la direction et la mairie. Les habitants ont besoin de cette structure. Ce qu’on veut tous, c’est que la MJC ne ferme pas. »

Présents lors de l’assemblée générale, plusieurs élus de l’opposition ont également demandé à la majorité municipale de modifier le calendrier. A commencer par Séverine Véziès, élu municipale de La France Insoumise (LFI) : « Nous demandons à la majorité municipale de revoir l’ordre du jour du prochain conseil municipal pour remédier à cette situation. Plusieurs emplois sont en jeu et le devenir de toute la structure également », a-t-elle déclaré.