
Si vous êtes Bisontin, difficile de ne pas les avoir remarqués. Les travaux liés à l’extension du réseau de chaleur urbain se multiplient dans les rues de la ville. Ils avancent progressivement de l’Ouest vers le centre-ville. Et ce n’est pas fini.
Fin des travaux à l’Esplanade des Droits de l’Homme prévue fin octobre
Depuis la fin de l’été, l’Esplanade des Droits de l’Homme est notamment concernée par des travaux de pose de tuyaux. L’objectif est de raccorder plusieurs bâtiments publics de la Boucle au réseau de chaleur, parmi lesquels le Palais de Justice, l’Hôtel du Département, l’Hôtel de Ville, mais aussi la City, l’Arsenal et le site de Saint-Jacques. L’esplanade devrait être entièrement rouverte aux piétons à la fin du mois d’octobre. Mais le chantier est loin d’être terminé. « Les travaux pour l’extension du réseau de chaleur ne sont pas terminés. Ils se poursuivront à partir de la mi-octobre rue Plançon afin de raccorder le réseau Ouest de la ville à la Boucle. Le raccordement officiel du réseau de chaleur à La Boucle devrait avoir lieu pour l’hiver 2027 », explique Anthony Nappez, vice-président de Grand Besançon Métropole en charge du réseau de chaleur.
De nouveaux travaux dans les quartiers Grette-Brulard et Tilleroyes
À partir de la mi-février, le secteur Nord de Besançon sera à son tour concerné, avec un chantier qui débutera rue Jouchoux pour rejoindre La Bouloie et Temis. « En tout, il faudra compter entre deux et trois ans de travaux, affectant directement la circulation sur le boulevard », précise l’élu. À terme, le réseau devrait ainsi compter plus de 70 kilomètres de canalisations, soit près du double de la distance existante avant le lancement de la phase Ouest.
Plusieurs chaufferies pour accompagner l’extension du réseau
Pour accompagner cette extension, plusieurs nouvelles chaufferies doivent également voir le jour dans les prochaines années. Elles permettront notamment de compléter le rôle actuellement joué par la chaufferie de Planoise, se positionnant en relais grâce à des pompes et d’alimenter les nouvelles portions du réseau. Une première chaufferie devrait commencer à être construite en 2027 dans le quartier de la Grette. Une seconde est envisagée à proximité de La Bouloie afin d’alimenter le futur secteur Nord.
Un réseau décarbonné et de nombreux avantages
Pour Grand Besançon Métropole, l’un des principaux intérêts de cette extension réside dans le mix énergétique du réseau. La chaufferie de Planoise utilise actuellement 10 % de gaz. Le reste de l’énergie provient de la biomasse (plaquettes de bois brulées), à hauteur de 45 %, et de l’incinération des déchets, également à hauteur de 45 %. Selon les chiffres communiqués par Anthony Nappez, cela représenterait près de « 95 % d’énergies renouvelables ou de récupération« . Une énergie largement décarbonnée et la réduction massive du recours aux énergies fossiles pour se chauffer. « La plupart des logements bénéficiant du réseau de chaleur utilisaient le fioul ou le gaz pour se chauffer. Aujourd’hui, ils utilisent à 95 % de l’énergie décarbonée », explique le vice-président.
Autre avantage mis en avant : l’indépendance énergétique grâce l’utilisation de ressources locales. Les déchets incinérés proviennent du territoire bisontin et le bois utilisé par la chaufferie biomasse est produit dans un rayon d’environ 40 kilomètres. « Les avantages qui découlent d’un tel dispositif sont nombreux et primordiaux, surtout avec l’actualité nationale et internationale », estime Anthony Nappez.
Enfin, avantage non négligeable : le prix très avantageux et assurément stable proposé au consommateur. « Le réseau de chaleur permet de s’affranchir des fluctuations du prix du gaz. On peut maintenir un prix attractif et stable pour les habitants de la ville et c’est une bonne chose », souligne Anthony Nappez. Selon les chiffres fournis par l’élu, un habitant raccordé au réseau paie en moyenne 85 euros par mégawattheure. À titre de comparaison, l’élu estime qu’un habitant chauffé au gaz ou à l’électricité paie entre 150 et 200 euros pour une quantité d’énergie équivalente.
Un nouveau réseau à l’Est de Besançon d’ici 2036 ?
Si l’extension du réseau Ouest se poursuit, Grand Besançon Métropole réfléchit à la suite. La création d’un nouveau réseau de chaleur dans l’Est de la ville est actuellement à l’étude par les services de la Métropole. Dans un premier temps, celui-ci fonctionnerait indépendamment du réseau existant à l’Ouest, nécessitant ainsi la construction d’une nouvelle chaufferie. « L’objectif est de construire un tout nouveau réseau sur le secteur Est d’ici 2030, avec un nouveau moyen de production, donc forcément une nouvelle chaufferie », explique Anthony Nappez. Le lieu d’implantation de cette future installation reste encore à déterminer. Mais l’élu se montre optimiste : « J’ai bon espoir que cela aboutisse. Nous avons réuni plusieurs partenaires et réussi à créer une dynamique autour de ce projet. » Si le calendrier envisagé est respecté, les travaux pourraient débuter autour de 2030, avec une interconnexion des réseaux Est et Ouest prévue à l’horizon 2036, au niveau de la rue de Vesoul.























