Certains optimistes espéraient une séance sereine et constructive, où majorité et opposition auraient su débattre avec respect, en se détachant — le temps d’une soirée — des enjeux électoraux imminents pour privilégier l’intérêt général. Le miracle n’a pas eu lieu, ce lundi 23 janvier 2026.
Les orientations budgétaires et le quartier des Vaîtes, aux oubliettes
La séance s’est ouverte par une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite tué à Lyon. À cette occasion, la maire de Besançon a rappelé à ses collègues leur « responsabilité d’élus de la République à adopter une attitude qui permette le débat démocratique en toutes circonstances« . Un appel à l’apaisement loin d’être suivi des faits tout au long de la soirée. Rapidement, les échanges de fond se sont éclipsés pour laisser place aux querelles et aux attaques personnelles. La faute aux prochaines échéances électorales qui ont concentré l’essence des discussions au détriment des sujets de fond.
Un conseil dans l’ombre des élections municipales
L’adjoint aux finances, Anthony Poulin a ouvert les débats par une longue présentation des orientations budgétaires et du bilan de la mandature, saluant au passage le travail de la majorité. Un bilan qui n’a pas plu à l’opposition qui s’est empressée de répondre par l’intermédiaire de son leader Ludovic Fagaut qui a dénoncé un bilan « faussement positif« . Une prise de parole du candidat Les Républicains à la mairie de Besançon, aux airs de réquisitoire qui a mis le feu aux poudres : « nous assistons au bilan d’une mandature qui à privilégié le dogme à l’écoute. Qui a consacré une décroissance imposée et une idéologie sans pragmatisme. ». S’il concède, à demi-mot, un point positif avec la rénovation des écoles, il en attribue la responsabilité à la vétusté héritée… de la majorité. Il en a d’ailleurs profité pour passer en revue l’ensemble de ses thèmes de campagne : l’insécurité de la ville, l’armement des policiers municipaux, la masse salariale, « la détresse » des associations et des agents de la ville, le déficit « abyssal » laissé par la majorité. Même la Citadelle a eu droit à une passe d’armes entre François Bousso, élu en charge du monument et Ludovic Fagaut.
Des termes forts qui n’ont pas plu à la majorité et dont les réactions ne se sont pas faites attendre. Carine Michel, adjointe en charge de la vie associative s’est dite « profondément touchée » par les insinuations « d’injonction politique » au sein du monde associatif. Cette dernière a d’ailleurs demandé des explications à Ludovic Fagaut qui n’a pas souhaité répondre. Anthony Poulin, a lui aussi répondu aux critiques de l’opposition, demandant la formulation de « propositions claires et chiffrées » plutôt que « des critiques sans fondement« .
Sûr de ses forces, Ludovic Fagaut s’est même projeté dans un futur rôle de maire de Besançon. Répondant au débat sur le budget, il a déclaré sans sourciller : « Nous prenons actes de ces orientations budgétaires mais elles seront revues pour correspondre à la réalité », après les élections de mars. Une projection qui n’a évidemment pas du tout plu à Anne Vignot, candidate à sa réélection.
Quatre heures de passes d’armes
Pendant près de quatre heures, les discussions se sont cristallisées autour du mépris, de l’humilité ou encore de la chasse… Myriam Lemercier a ainsi accusé Anne Vignot de « mépriser constamment l’opposition à chaque prise de parole« . Laurence Mulot a quant à elle dénoncé le « meeting politique de la majorité qui réalise le lynchage de monsieur Fagaut« . En réponse, la maire sortante a ironisé : « Décidément, c’est la soirée des leçons…« . Guillaume Bailly, autre élu de l’opposition a également interpelé la majorité « La réalité aujourd’hui c’est que deux habitants sur trois veulent changer d’équipe municipale. Faites donc preuve d’humilité« . Une remarque qui n’est pas passée, balayée par la réponse cinglante d’Anne Vignot : « c’est vrai que c’est ce qui vous a caractérisé pendant tout le mandat, l’humilité… « . Cette dernière a, à son tour qualifié son opposant d’être une « sorte de chasseur utilisant des leurres pour tronquer le débat« .
Une amertume globale partagée par tous les élus
À la sortie du conseil municipal, personne ne semblait satisfait de la tournure des évènements. Les deux camps se renvoyant la responsabilité pour déterminer qui avait été le plus agressif et le plus méprisant. Derrière cette confrontation directe et violente, plusieurs élus fêtaient leur dernière au conseil municipal. C’est le cas de Karima Rochdi, qui a pris la parole en début de conseil pour annoncer, non sans une certaine émotion, remerciant au passage tous ses collègues pour le travail mené. Même issue pour Christophe Lime, indéboulonnable élu municipal qui siégeait pour la dernière fois ou encore Aurélien Laroppe qui n’aura pas ménagé sa peine sur les dossiers d’urbanisme et dont l’unanimité est également partagée à travers l’ensemble du Grand Besançon.






























