BTS Blanchisserie forme 34 salariés en insertion, dont la plupart travaillent 35 heures par semaine, dans un rythme classique et avec des contrats allant de 4 à 24 mois maximum. « Ce sont des personnes très éloignées de l’emploi, qui touchent souvent le RSA ou rien du tout… elles n’ont aucune connaissance de ce qu’est le travail, le savoir être. Il faut tout reprendre de zéro » confie Valérie Masson-Perrin, directrice de l’entreprise. Un véritable défi pour la structure, qui doit rester compétitive en produisant des prestations de qualité tout en formant ses salariés.

L’entreprise est divisée en plusieurs secteurs, sur lesquels les salariés tournent chaque semaine : la laverie, la finition à plat, la finition séchée, la traçabilité, l’expédition, la livraison, la couture, le repassage et l’accueil. Chaque secteur est encadré par un accompagnant qui forme et supervise les salariés en insertion.
Une double mission sociale et formative
Dans l’atelier qui à des allures de fourmilière, une vingtaine de nationalités se côtoient. Les trois quarts des salariés sont des femmes, souvent très éloignées de l’emploi : « Les femmes sont souvent les plus éloignées de l’emploi car elles font face à des freins importants » souligne la directrice. Certaines sont analphabètes dans leur langue maternelle, d’autres ne parlent pas français. Le défi est donc de taille : former à plusieurs métiers tout en accompagnant humainement chaque personne pour la sortir de l’isolement.
« Lever les freins à l’emploi« , voilà le principal enjeu du dispositif. « Nous avons beaucoup de femmes confrontées à des difficultés de mobilité, de langue, de garde d’enfants, de surendettement ou encore de manque de diplôme« , explique Valérie Masson-Perrin. Car au-delà de la formation professionnelle, l’entreprise d’insertion accompagne les salariés dans la gestion de leurs difficultés quotidiennes. À BTS, une chargée de suivi socio-professionnel travaille à temps plein pour assurer cet accompagnement.
Des circuits courts et des prestations haut de gamme
Proposer des prestations haut de gamme avec des salariés en insertion, souvent sans formation préalable en blanchisserie ou en couture : tel est le défi relevé par l’entreprise. Ainsi, les 34 salariés en insertion accompagnés de 10 encadrants, travaillent pour de nombreux organismes publics et entreprises bisontines. Les prestations de blanchisserie concernent principalement des EHPAD, des hôtels trois et quatre étoiles de la Boucle, des restaurants, mais aussi des collectivités locales comme la Ville de Besançon, le CCAS ou le Sybert. Au total, ce sont plus de 2,5 tonnes de linge qui passent entre les mains des salariés en insertion.
L’atelier de couture fait également la fierté de la directrice : « Nous travaillons pour de grands magasins de Besançon« . Ourlets, retouches sur mesure, ajustements méticuleux : les salariés répondent à des demandes spécifiques et souvent haut de gamme des boutiques du centre-ville.
Outre ses missions sociales, l’entreprise veille également à soutenir l’économie locale en privilégiant les circuits courts. Le linge loué par BTS provient des Vosges, les produits de blanchisserie sont fournis par une entreprise située à Châlons-en-Champagne, et l’ensemble des clients se trouvent dans la région.
Le défi permanent de la productivité
Les entreprises d’insertion remplissent une mission exigeante. Elles doivent produire autant que leurs concurrents tout en intégrant les contraintes liées à l’accompagnement de salariés très éloignés de l’emploi. Pour sa part, BTS Blanchisserie réalise 80 % de son chiffre d’affaires grâce à ses prestations. Les 20 % restants proviennent de subventions publiques versées par l’État, la Région, le Département et la Ville de Besançon. « Sans les subventions, nous ne pourrions pas fonctionner » reconnaît la directrice.
Autre particularité de l’insertion : le statut même de l’entreprise. Aucun bénéfice ne peut être distribué et les salaires sont encadrés par une grille réglementée. « Ce métier est une vocation. On le fait par choix, parce qu’on aime l’humain. Diriger une entreprise d’insertion, on ne le fait pas pour l’argent : il n’y a pas beaucoup de bénéfices financiers à en tirer. Les bénéfices humains, en revanche, sont indéniables.«
L’insertion, un dispositif efficace mais menacé
L’insertion constitue un véritable tremplin vers l’emploi. À l’issue de leur parcours, la majorité des salariés de BTS sont prêts à intégrer durablement le marché du travail. « Nous enregistrons 50 % de sorties positives en CDI, CDD ou intérim : c’est un très bon résultat compte tenu du public que nous accompagnons » souligne Valérie Masson-Perrin. Malgré son efficacité et son rôle clé dans la dynamique de l’emploi local, le secteur de l’insertion traverse une période délicate. « Depuis plusieurs années, nous constatons une baisse significative des aides, pourtant indispensables à notre fonctionnement« , déplore la directrice.






























