Doubs. Les éleveurs de bovins privés de salon de l’agriculture mais désormais tournés vers l’avenir

Le salon international de l’agriculture vient de se clôturer, et pour la première fois en soixante ans, les bovins n’étaient pas de la partie en raison de la dermatose nodulaire contagieuse. Une « déception » pour les agriculteurs, qui se tournent néanmoins vers l’avenir avec une volonté d’organiser des manifestations pour rebondir après la crise.

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Salon de l'agriculture
Aucun bovin n'était présent pour le salon international de l'agriculture 2026 ©Valentin Jacques

Un salon international de l’agriculture (SIA) sans bovins, c’est un peu un Noël sans sapins. Mais en raison d’un contexte exceptionnel lié à la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie qui ne touche que les bovins, zébus et buffles, des décisions difficiles ont dû être prises. Les organismes de sélection des races bovines ont décidé de ne pas participer au concours général agricole 2026 : aucun bovin n’est donc présent au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. « C’est une perte d’attractivité pour le Salon. La vache en est le symbole. On n’a pas 600 000 visiteurs par hasard. Je pense qu’on aurait pu amener trois ou quatre vaches par race provenant de zone indemne pour le public et les visiteurs, pas pour les concours. Les agriculteurs sont déçus mais savent que la pression de la crise est trop proche de nous. Ils sont raisonnés », témoigne Richard Ielsch, président de la Fédération des comices du Doubs. Pour représenter le Doubs, on peut compter sur le cheval de trait comtois.

14 vaches Montbéliardes provenant du département devaient être envoyées au SIA, après un long travail de sélection. Pour inscrire ses animaux, il faut respecter d’abord des minima laitiers en production et en qualité. Une première commission de tri retient une vingtaine d’animaux au moment des fêtes. Puis un deuxième passage quinze jours avant le salon permet de définir les vaches titulaires et les suppléantes. Une centaine d’animaux sont examinés, représentant 60 à 70 fermes au premier tri. « Présenter une vache au salon pour un éleveur c’est le graal. C’est un travail continu. Le salon est une vitrine importante pour l’élevage et notre savoir-faire. La déception est forte car on explique notre métier et nos pratiques. Les éleveurs ont bien compris que c’était compliqué cette année. Il y a un manque, d’autant plus qu’on n’a pas eu de comices cet automne ».

Pas de rassemblement avant le 1er juillet

Les regards sont désormais tournés vers l’avenir. « Il y a une volonté de réorganiser des manifestations », souligne Richard Ielsch. Les comices devraient être relancés dès cet automne. « On est assez optimiste. Les mesures ont fait leurs preuves, on espère que ça se passera bien pour les comices. Il n’y aura pas de rassemblement avant le 1er juillet ». Actuellement, les animaux des zones vaccinales peuvent se rendre en zone indemne, mais pas l’inverse. Trois comices connaissent des problématiques avec une partie du secteur en zone indemne et une autre en zone vaccinale : Pierrefontaine-les-Varans, Mouthe et Pontarlier. En ce qui concerne le tant attendu Super Comice qui devait se tenir le 25 octobre dernier, celui-ci a été reporté à 2026. En raison de la situation actuelle et s’il n’y a pas de changement de réglementation, un tiers du Département ne pourrait pas présenter d’animaux. « C’est une fête quinquennale, tout le monde doit participer, on ne veut pas de discrimination. Soit la réglementation va changer, soit on reportera à 2027. C’est un événement tellement attendu par les familles, les éleveurs, les organisations de comices qu’on ne peut pas laisser un tiers de côté ».

Les agriculteurs connaissent une solidarité du public avec des appels et des visites, les comices renforçant ces liens. « C’est une tradition de plus de 150 ans et ce sont des fêtes qui ont su évoluer pour devenir populaires. Le comice a le pouvoir de fédérer une population par son organisation. Ça crée du lien social entre les éleveurs et le public. On a besoin de se rencontrer et se retrouver. On espère que la crise sanitaire est derrière nous pour repartir sur de bonnes bases et organiser des rassemblements en respectant les règles sanitaires. Après chaque crise il faut rebondir, peut-être qu’on aura une affluence record pour les comices », sourit Richard Ielsch.