Économie. Besançon : 20 ans de talents et d’ambitions à la Maison des Microtechniques

Le mardi 16 décembre 2025, tout l’écosystème de TEMIS Innovation était réuni à la Maison des Microtechniques pour célébrer les 20 ans de ce pilier de l’innovation technologique de Besançon.

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Locaux TEMIS Innovation
La Maison des Microtechniques, centre névralgique de la technopole TEMIS à Besançon ©DR

Les réussites économiques et scientifiques sont les résultats d’une vision politique à long terme. De ce point de vue, la réussite de TEMIS Innovation peut se comparer à celle de Sophia-Antipolis. A Besançon, c’est la vision de Robert Schwint, maire de la Ville des microtechniques jusqu’en 2001 ; à Antibes, celle de Pierre Lafitte en 1969 qui a permis l’éclosion d’une technopole unique en Europe. Le projet bisontin a été concrétisé par Jean-Louis Fousseret, « permettant à faire de Besançon un centre névralgique des microtechniques » comme le soulignait Anne Vignot.

A l’époque de Jean-Louis Fousseret, on parlait déjà de « réindustrialisation » en se basant sur l’histoire et l’excellence des compétences industrielles de l’infiniment petit de Besançon. Comme l’ont rappelé les différents intervenants de cet anniversaire, « l’écosystème singulier et innovant de TEMIS est le fruit d’une volonté partagée des acteurs politiques, du monde de l’entreprise et des laboratoires de recherche issus de l’Université. Ils se sont tous embarqués avec enthousiasme pour emporter cette audace ».

315  projets accompagnés en 20 ans

Aujourd’hui, TEMIS Innovation, c’est une zone industrielle et tertiaire de plus 176 000 m² dont 7 500 m² dédiés à la recherche, à l’entreprenariat et à l’innovation où se côtoient un incubateur DECA BFC, une pépinière et un hôtel d’entreprises gérés par BGE et un accélérateur d’innovation porté par PMT le pôle des microtechniques.

Arnaud Marthey, le président de l’Agence Économique Régionale de Bourgogne Franche-Comté a salué « une ambition transformée en réussite et des idées en progrès technologiques ». La qualité des « fertilisations croisées entre micro, nanotechnologies et biothérapies mériteraient que l’on en soit plus fiers ».

« Il y a 20 ans, il y avait des vaches sur TEMIS Innovation »

Bruno Favier, l’actuel directeur de la technopole, parle d’un alignement des planètes lors de sa création. « Au début des années 2000, le Président Sarkozy entend structurer les pôles de compétitivité. De son côté, les laboratoires de recherche de l’Université de Franche-Comté fusionnent pour donner naissance à Femto-ST, un lieu de recherches fondamentales et appliquées doté de moyens conséquents ».

Pourtant, le pari n’était pas gagné d’avance. Etienne Boyer, président de l’UIMM Franche-Comté jusqu’en 2016 et président du « pôle de compétitivité des microtechniques » jusqu’en 2020, a naturellement convaincu les entreprises de la filière d’adhérer au projet TEMIS Innovation voulu par Jean-Louis Fousseret. « A l’époque, on nous répétait que l’industrie, ce n’était plus l’avenir de la France ». Au fil des années, la technopole TEMIS a non seulement démontré le contraire et 20 ans après, pourra signer un avenir de croissance pour les industries de demain à Besançon. TEMIS Microtechniques et TEMIS Santé sont aujourd’hui au milieu du gué. La prochaine échéance municipale sera l’occasion de mettre en lumière…ou non, l’avenir industriel de la capitale comtoise.

Deux exemples illustrent cet avenir industriel

Percipio Robotics. David Hériban est un pur produit de l’écosystème de la technopole TEMIS. En 2005, le jeune ingénieur fraîchement diplômé de l’ENSMM passe 3 ans au tout nouveau laboratoire Femto-ST. L’aventure de Percipio Robotics naît en 2011. L’entreprise travaille sur des micro-assemblages jusqu’à 30 fois inférieurs à la taille d’un cheveu. Il lui faudra attendre 2015 pour trouver son premier client. « Un industriel italien souhaite automatiser la pose de dizaines de milliers de broches sur une plaque de 4 cm²  » se souvient le chef d’entreprise. L’entreprise compte aujourd’hui 40 collaborateurs dont plus de 20 ingénieurs et 7 doctorants. Pour l’enfant de TEMIS Innovation, « Besançon a de nombreux atouts industriels, une culture de la précision, des savoir-faire et une grande proximité entre la formation, la recherche et un tissu industriel très riche ».

Pascal Morel et l’aventure de l’EFS. TEMIS Innovation, c’est aussi TEMIS Santé. Pour l’ancien directeur de l’Établissement Français du Sang (EFS) « notre force, c’est l’ingénierie au service des sciences du vivant ». La dynamique autour des biothérapies à Besançon est née de l’expertise du territoire dans l’ingénierie, les micro-technologies et de la puissance de recherche du l’institut Femto-ST. « Pour nous, l’écosytème est né des activités de recherches de l’EFS et du CHU et du besoin de nouveaux outils thérapeutiques ».

« TEMIS Santé ne cesse de grossir, notamment en regroupant des acteurs au sein de BIO Innovation ». Pascal Morel le confirme « Nulle part en France et ailleurs, existe cette capacité à faire qu’on ne déplace pas…Le socle est là, solide…on ne pourra pas passer à l’étape suivante sans de nouveaux investissements à la hauteur des ambitions industrielles et des besoins de production à venir…Il nous manque un outil de production pour accueillir les entreprises de demain qui ont besoin de surfaces. Le temps passe et notre avance se réduit ».

Yves Quemeneur