
Le doublement du plafond de chiffre d’affaires ouvrant droit au statut a amplifié la dynamique des microentreprises depuis 2018. Ces entreprises individuelles sont également le reflet de l’évolution de l’économie dans notre pays. Ainsi, la part de microentreprises est passée de près de la moitié des créations en 2018 à près des deux tiers en 2025.
Externaliser certaines fonctions
Facile à mettre en œuvre, ce type d’activité se retrouve notamment dans le commerce et les services en ligne. De plus en plus d’entreprises font également appel à ces micro entrepreneurs pour externaliser certaines fonctions, leur évitant de recruter des salariés.
Plus de microentreprises mais avec de faibles revenus
En Bourgogne Franche-Comté, les microentreprises représentent plus du tiers de l’ensemble des TPE contre un quart en France métropolitaine. En 2022, elles ont dégagé un chiffre d’affaires de 807 millions d’euros. Selon l’INSEE, la place de ces entreprises dans le marché du travail en Bourgogne Franche-Comté est loin d’être anecdotique. Elles cumulent près de 5% des actifs de la région.
On les trouve plus souvent au début et à la fin de la vie active. Les plus jeunes y trouvent une façon rapide de créer leur activité comme job d’étudiants par exemple dans la livraison à domicile. Chez les personnes plus âgées, il s’agit de créer son emploi au moment d’une période de chômage ou dans l’attente de l’âge de la retraite. Le statut de microentreprises permet en outre de continuer à travailler en cumulant revenu d’activité et pension de retraite.
Disparité selon les territoires
Fin 2022, la Bourgogne Franche-Comté comptait 22 microentreprises pour 1 000 habitants, contre 26 en France métropolitaine. Ces entreprises sont présentes sur tout le territoire et notamment dans ceux éloignés des pôles urbains, en maintenant une offre de service de proximité à la population.
Ces activités sont plus développées dans le centre de l’ancienne Bourgogne et à proximité de la côte viticole entre Dijon et Mâcon. Si la densité de microentreprises est plus élevée que la moyenne régionale à Dijon, Beaune et Mâcon, elle est en revanche plus faible dans le nord Franche-Comté comme dans la bande frontalière.
Le cumul avec un emploi salarié est plus fréquent sur les aires d’influence de Dijon et de Besançon où l’offre d’emplois salariés est importante. C’est moins le cas dans les intercommunalités rurales peu denses où la part de micro-entrepreneurs sans activité salariés dépasse parfois 60%. C’est aussi le cas dans les intercommunalités de Haute-Saône.
Une double activité pour près d’un cas sur deux
Les revenus générés par la microentreprise sont faibles. 46% de ces entrepreneurs cumulent leur activité indépendante avec un emploi salarié. L’ensemble des revenus dégagés par les micro-entrepreneurs représente 20 500 emplois (en équivalent Smic à temps plein).
Des revenus trois fois inférieurs au Smic
En 2022, le revenu moyen brut mensuel des micro-entrepreneurs de la région s’élève à 590€, soit un tiers du Smic. Toutefois, avec le relèvement des plafonds de chiffre d’affaires, le revenu d’activité a progressé trois fois plus vite que le Smic entre 2018 et 2022.
Ces revenus d’activité varient fortement si l’entrepreneur exerce ou non un emploi salarié. Dans le premier cas, il va dégager en moyenne un revenu de 360€ contre 800€ pour celui sans activité salariée parallèle. La variation des revenus dépend également des secteurs d’activité, plus rémunérateurs dans les activités immobilières, juridiques, comptables ou d’info-com, beaucoup plus faibles dans les secteurs du commerce et des services aux ménages.
Des projets moins pérennes
Cinq ans après leur immatriculation, les micro-entrepreneurs sont un tiers à encore exercer sous ce statut. La quasi-totalité des autres a de fait cessé son activité. En Bourgogne Franche-Comté, moins de 5% ont transformé leur activité en entreprise individuelle classique. C’est notamment le cas des jeunes de moins de 25 ans qui ne sont que 20% à poursuivre une activité qui avait un caractère transitoire au moment de leurs études. En revanche, les créations de microentreprises réalisées par des personnes de plus de 50 ans sont plus pérennes.
« La France entrepreneuriale toujours en mouvement en 2025 »
Dans son Observatoire de la Création d’Entreprise, Bpi France parle de « la vitalité entrepreneuriale des territoires français marquée par le nombre record de 1,2 million de créations d’entreprises en 2025 ». La méthode Coué de la banque publique cache des disparités territoriales et statutaires. Selon Optigest, ce sont 758 600 microentreprises qui ont été créées en 2025, soit plus de 63% du total des créations. Compte tenu de leur pérennité à 5 ans, cela ne démontre nullement la dynamique de résilience de l’écosystème français.





























