Jérémie COURTET revient après 2 saisons et demi dans différents clubs parisiens.

Vous avez quitté le CA Pontarlier en 2019, après une saison usante pour des raisons personnelles et sportives. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Beaucoup mieux ! A l’époque j’étais resté au CAP pour jouer la N2, tout en travaillant sur Paris où j’avais été muté avec ma femme. Le club était tombé dans la poule Sud alors on avait des déplacements très longs, parfois je rejoignais même l’équipe directement sur place. J’étais sans cesse dans les transports, c’était difficile de gérer d’autant que c’était ma première année comme professeur sur Paris. Difficile sportivement par les résultats et c’était la fin d’un cycle avec beaucoup de départs, j’ai suivi la vague. Je savais que je resterais sur Paris pour au moins 5 à 6 ans, je ne pouvais pas assumer ce rythme sur autant d’années.

Comment s’est passée votre parcours parisien ?

Dans les trois clubs où j’ai joué, j’étais l’un des rares joueurs à cumuler travail et football. La quasi-totalité des autres joueurs vivent du football ont des contrats et visent le monde professionnel. C’est même inquiétant de voir des joueurs entre 15 et 18 ans avoir déjà des pseudos agents intermédiaires. C’est là où j’ai compris qu’à Pontarlier, on ne se bat pas à armes égales. Les infrastructures, les salaires, le fonctionnement, c’est totalement différent. J’ai vécu des belles choses à Paris, fait de belles rencontres, mais je n’ai pas retrouvé le côté familial du football du Haut-Doubs et ça me manque énormément.

Côté terrain vous avez peu jouez en équipe première en ce début de saison et pas forcément à votre poste. Comment avez-vous vécu cette situation ? 

C’est vrai que mon temps de jeu ne me convenait pas, j’en ai parlé à l’entraîneur et à 28 ans je n’ai plus envie de savoir si je vais me retrouver en Alsace le week-end ou à Paris pour jouer avec le B. J’ai envie de continuer à un certain niveau tout en prenant du plaisir comme c’était le cas à Pontarlier. C’est toutes ses raisons qui m’ont poussé à partir de Bobigny avec qui je suis en bon terme. Je continuerai à m’entraîner là-bas la semaine.

Comment s’est déroulé votre retour ?

J’ai souvent mon père (Jean-Luc Courtet, coach du CA Pontarlier) au téléphone et un soir le CAP venait d’enchainer une quatrième défaite d’affilée et moi de mon côté, j’avais eu un différend avec mon entraîneur. Chaque dimanche à 18h, je fonçais sur mon téléphone pour voir le résultat de Pontarlier, c’est mon club. J’étais attristé par leur situation et en parlant avec mon père, l’idée d’un retour est venue. Le club a validé le projet et je me suis entraîné pendant la trêve avec quelques matchs amicaux.

Comment ça se passe quand on a son père comme entraîneur ? 

Beaucoup mieux que lorsque j’avais 18 ans ! (rires) C’est un plaisir de le retrouver et de jouer pour lui. C’est une source de motivation supplémentaire et il me connaît bien, sait ce que je peux apporter. Il m’a fait confiance pour me faire revenir et c’est à moi de lui rendre sur le terrain. Je vais également retrouver Mohamed Cissé et Xavier Da Rocha avec qui je suis très proche.

Vous arrivez dans une période ou Pontarlier est dans une posture compliquée, comment vivez-vous la situation ? 

C’est un petit coup de stress et de motivation en plus car il y a des attentes car Pontarlier a l’habitude de jouer les premiers rôles. Avec mon passage à Paris je pense que j’ai encore progressé et je vais pouvoir apporter à l’équipe. Je ne suis pas le plus grand technicien mais le club pourra compter sur moi dans le don de soi et l’envie.

Comment vous sentez-vous physiquement ? 

Je touche du bois pour l’instant mon corps tient bien ! Je fais 3 à 4 entraînements par semaine et j’ai la chance d’avoir un bon volume de jeu.

Vous revenez au club cette fois définitivement ? 

Je ne peux pas le dire avec certitude mais c’est une vraie volonté d’abord professionnelle. Ça fait quatre ans qu’avec ma compagne nous sommes sur Paris, nous voulons revenir sur le territoire. Je vais déjà faire les six mois avec le club et ensuite voir comment ça se passe pour poursuivre. C’est plus simple aujourd’hui car les déplacements sont beaucoup plus courts.

Propos recueillis par Martin SAUSSARD