Haut-Doubs. L’inéluctable devoir de Mémoire envers les Bourbakis

La date du 1er février, en référence au combat de la cluse et mijoux lors de la guerre franco-prussienne de 1870, a une résonnance particulière dans le Haut-Doubs. Cette date est, en effet, l’occasion de se souvenir d’un épisode tragique de ce conflit oublié qui sera hélas la genèse des deux guerres suivantes celle de 1914 et celle de 1939. Commémorer au monument aux morts situé dans le tournant de la RN 57 qui traverse la commune de la Cluse-et Mijoux, ce devoir de mémoire tient particulièrement à cœur de son premier magistrat Yves Louvrier.

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Yves Louvrier, Maire de la Cluse-et-Mijoux se recueille devant le monument aux morts de la guerre de 1870-1871 durant la minute de silence lors de la commémoration du 1er février 2023.

Le temps est gris, pluvieux voir neigeux, les mines sont graves lorsque la cérémonie débute. Il est vrai que le sujet est d’importance. Il convient de rappeler que plusieurs centaines de soldats sont morts, à cet endroit, commandés, entre autres, par le valeureux colonel Achilli le 1er janvier 1871. Puis les dépôts de gerbes s’enchaînent. Tout d’abord Jacques Ferry, Président du Souvenir Français qui se recueille le premier devant le monument. A son tour, Gérard Tissot-Robbe, historien indépendant, spécialiste du sujet et proche des membres de la Famille Achilli qui étaient venus l’an dernier pour saluer le courage de leur ancêtre marque le pas.

Inéluctable devoir de mémoire

Enfin Yves Louvrier, maire de la commune, s’incline devant la stèle et considère comme intangible ce recueillement. « Il ne faut jamais oublier que beaucoup d’hommes ont laissé leurs vies ici pour notre liberté. On ne peut pas transiger avec le devoir de mémoire. C’est encore plus important et nécessaire aujourd’hui avec le conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine, conflit qui menace l’Europe et le Monde. Je souhaite que cette commémoration ait dorénavant lieu tous les ans chaque 1er février. On ne peut envisager l’avenir sans connaître notre histoire » souligne le premier édile.

Différence de symboles

Un ton solennel qui dénote avec les festivités helvétiques. De l’autre côté de la frontière aux Verrières suisses, le 1er février est presque synonyme de joie. « J’ai participé à leur soirée et ça peut paraître déconcertant pour nous français ! Chez eux, on fête l’accueil des soldats et la première mission d’envergure de La Croix Rouge sur le sol suisse. Pour eux, ils ont tout donné à la France et cet anniversaire permet de rappeler la générosité suisse. Bon, ils oublient souvent que nous avons tout payé », confie Yves Louvrier.

Si le 150e anniversaire avait été fêté en grande pompe par les deux nations, l’élu de la Cluse-et-Mijoux estime que le contexte complique l’organisation d’un événement commun, chaque décennie. « Les deux nations ont des sentiments différents qu’il faut respecter. Je ne sais pas si les familles de soldats tombés aux combats apprécieraient le côté festif des suisses par exemple. Je le répète, je comprends totalement que nos voisins soient heureux de fêter cet événement. Pour nous il s’agit d’une commémoration, d’un souvenir d’une triste défaite aussi. Il y aura quelque chose pour les 160 ans c’est certain, il faudra simplement voir de quelle manière. »

Le livre « Les Bourbakis, une page d’histoire franco-suisse » s’écoule à plus de 6000 exemplaires

Les 150 ans de cette histoire avaient été l’occasion pour l’auteur Gérard Tissot-Robbe, accompagné de l’Helvète Paul-André Joseph de publier leur livre intitulé « Les Bourbakis, une page d’histoire franco-suisse », sorti pour le 1er février 2021. Cet ouvrage historique de référence a rencontré un franc succès puisqu’il a été vendu à 6000 exemplaires et réédité, par la même, plusieurs fois.