Doubs. Municipales 2026 : pour Christine Bouquin et le Département du Doubs, « rien n’est encore acté »

Après deux jours de débat autour du budget primitif 2026, la présidente du conseil départemental, Christine Bouquin (LR), est revenue sur la construction de celui-ci, bousculée par une incertitude financière persistante. L’occasion également de faire un point sur les élections municipales de 2026, à trois mois de l’échéance, alors que plusieurs conseillers départementaux sont en campagne, à commencer par Ludovic Fagaut à Besançon.

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Budget du Doubs 2026
Christine Bouquin, présidente du Département du Doubs. Photo Florian Houtmann.

On vous a sentie agacée par la minorité au moment de voter ce budget 2026…

La raison doit, à un moment, prévaloir sur nos décisions. Quand c’est bon pour l’intérêt général, nous devons faire abstraction du dogme. C’est peut-être cela qui m’a le plus contrariée, ainsi que le fait de tout ramener aux enjeux nationaux qui, bien sûr, influent sur nos politiques, car nos recettes viennent du budget 2026 de l’État. Mais au moment de construire et de voter notre budget, nous n’avions aucune visibilité.

Votre politique sociale a été remise en question. Si les dispositifs sont tous maintenus, l’opposition vous reproche un financement qui n’est pas indexé sur l’inflation…

Parler de régression dans la situation où nous sommes, c’est, selon moi, méconnaître le fonctionnement de notre collectivité. Les budgets sont en augmentation par rapport à ce que nous avons réalisé en 2025. La politique des solidarités, ce n’est pas toujours une augmentation de budget. C’est mettre les moyens au bon moment, au bon endroit. J’affirme que le budget des solidarités correspond à la situation dans laquelle nous sommes. Dans tous les cas, nous reviendrons sur ce budget en fonction des décisions qui seront prises par l’État.

La minorité pointe le manque de moyens autour de la prévention, c’est-à-dire “avant” qu’il y ait des problèmes.

Avec nos choix autour de la protection maternelle et infantile (PMI), première porte d’entrée avant même la naissance d’un nouveau-né, nous sommes déjà dans l’accompagnement de la parentalité. Nous avons une divergence sur ce point avec la minorité. Pour moi, la responsabilité familiale passe avant la responsabilité de la collectivité. Je suis maman, grand-mère : chacun a sa place et doit apporter la bonne direction à chaque instant de la vie. Il peut y avoir des défaillances et, quand c’est le cas, la collectivité prend le relais, et elle le fait plutôt bien au regard des budgets alloués. On peut toujours faire plus, mais avec l’inflation et dans l’état actuel des choses, c’est utopique. Je n’ai pas entendu une seule proposition concrète de leur part pendant deux jours.

Vous avez annoncé “entrer en résistance” l’an passé vis-à-vis de la politique de l’État ; aujourd’hui, vous dites être “vent debout”. N’avez-vous pas peur que cela vous coûte une place de députée ou de sénatrice à l’avenir ?

Je n’ai pas le doigt sur la couture. J’ai le Département chevillé au corps. Je pense que le courage politique, l’engagement et la vision qui sont les miens, et que je partage avec un certain nombre, peuvent apporter un regard utile dans l’une ou l’autre chambre, plutôt que celle qui est actuellement proposée. Pour l’instant, je ne suis candidate à rien. Le moment venu, s’il doit y avoir un moment, nous verrons.

Cela fait deux budgets très compliqués, avec beaucoup d’incertitudes. Le Doubs pourra-t-il tenir en 2027 et au-delà dans ces conditions ?

Chez nos voisins, certains départements sont au bord de la mise sous tutelle… Nous devons tous faire un effort, à commencer par l’État. Avant de parler de recettes, il faut limiter les dépenses, ce que nous faisons dans nos collectivités en équilibrant nos budgets. Si demain l’État continue de ponctionner au-delà du raisonnable, alors que nous ne sommes déjà pas compensés comme nous le souhaiterions sur l’ensemble de l’aide sociale, nous ne pourrons pas tenir. Si le Département tombe, le bloc communal tombe aussi, et je n’ose pas imaginer la situation.

Comment anticipez-vous les élections à venir ?

(Sourires) Je n’ai jamais pris de décision en fonction d’un changement d’élu, la politique est contractualisée. Nous aurons une clause de revoyure après les échéances municipales, mais l’engagement de notre majorité sera tenu.

Si Ludovic Fagaut devient maire de Besançon, les relations entre le Département et la capitale comtoise pourraient se réchauffer…

(Sourire) Ce n’est pas une histoire de personnes, mais de respect et de vision. Si je dois prendre une décision au mois d’avril, je la prendrai à ce moment-là. Je soutiens évidemment mon premier vice-président, mais les jeux sont ouverts. Le cap départemental ne changera pas.

Si Ludovic Fagaut est élu, vous lui demanderez de quitter la vice-présidence ?

Nous aurons bien le temps d’en discuter au moment voulu. Pour l’instant, Ludovic Fagaut assume avec brio la compétence que je lui ai déléguée. Pour être un bon maire, être au fait de la politique des solidarités humaines et territoriales est essentiel. Il est déjà pleinement dévoué à ses missions territoriales tout en jouant parfaitement son rôle dans l’opposition municipale. On peut être maire et vice-président au Département, mais nous n’en sommes pas là. Je le répète : rien n’est encore arrêté.