Pontarlier. Budget primitif 2026 : 6,4 millions d’euros d’investissements

Le dernier conseil municipal de la mandature 2020-2026 s’est tenu ce lundi 23 février. Le budget primitif 2026 a été voté, à la majorité, et s’élève à 35 484 515€. Contrairement à ce qui a été présenté durant le débat d’orientations budgétaires (7 à 10M€ d’investissements), il est inscrit 6,4M€ d’investissements pour 2026.

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Patrick Genre (au centre) animait son dernier conseil municipal
Patrick Genre (au centre) animait son dernier conseil municipal ce 23 février ©CT

En rentrant dans la salle Paul Robbe de l’hôtel de ville, il était compliqué de se frayer un chemin en ce lundi 23 février. Pour le dernier conseil municipal de la mandature 2020-2026, et plus généralement le dernier de Patrick Genre, maire de Pontarlier depuis trois décennies, plus aucune place assise pour les visiteurs n’était disponible. La famille de Patrick Genre était présente, ainsi que Patrick Comte, candidat aux élections municipales, avec quelques membres de son équipe, sans oublier des colistiers d’autres listes. Seul Cédric Laithier, candidat pour la liste La Gauche Pontissalienne, n’était pas au rendez-vous. 

Le principal sujet soumis au débat était de taille puisqu’il s’agissait de voter le budget primitif 2026, dans un contexte national incertain. Avant de le soumettre au vote, la fiscalité a été examinée et il a été proposé de geler les taux de la fiscalité locale, c’est-à-dire celle décidée par la Ville de Pontarlier. Une proposition approuvée à la majorité, les membres de la minorité s’étant opposés. « La seule taxe d’habitation qui nous reste est celle des résidences secondaires. Il ne serait pas illogique d’augmenter le taux de façon significative. Cela aurait un effet symbolique pour montrer que nous ne sommes pas inactifs sur ce phénomène », détaille Gérard Voinnet. 

6,4 millions d’euros d’investissements

En ce qui concerne le budget primitif (BP) 2026, Patrick Genre a repris les différents points mentionnés lors du débat d’orientations budgétaires (DOB) le mardi 3 février. « On a des charges qui pèsent sur la section de fonctionnement qui font qu’aujourd’hui on a un effet ciseau qui a tendance à s’agrandir. Tout cela est pris en compte dans le BP. On a pris en compte aussi les contraintes supplémentaires (liées aux décisions de l’État, ndlr) ». La municipalité reste sur sa volonté de réaliser un budget de « transition », sans inscrire de nouvelles opérations, mais en reprenant celles déjà lancées depuis plusieurs mois voire années. « Cela laissera une marge de manœuvre dès le début 2026 pour la nouvelle équipe municipale », poursuit Patrick Genre. 

La salle était comble ce 23 février ©CT

Au total, l’équilibre agrégé des budgets (principal + quatre budgets annexes) s’élève à 35 484 515€ (contre 46M€ en 2025). Les dépenses réelles de fonctionnement diminuent de 1,2% par rapport aux prévisions 2025. « Il y a une volonté depuis 2-3 ans de revoir le coût de la collectivité, sans détériorer l’offre de services au public ». Contrairement aux 7 à 10 millions d’euros d’investissements envisagés sur l’année 2026 au moment du DOB, ce sont 6,4M€ qui sont finalement inscrits dans ce BP 2026 (contre 11M€ en 2025). « Si la totalité des emprunts prévus au budget est effectivement réalisée, la capacité de désendettement, ratio  de solvabilité de la collectivité, devient critique. Mais la reprise des résultats qui sera réalisée au Budget supplémentaire permettra de ramener la capacité de désendettement à moins de 10 ans (correspondant à une situation correcte mais à surveiller, ndlr) », est-il précisé dans le document.

« Ça a été insuffisant »

« Sur les dix dernières années, on a huit années avec un effet ciseau. Dans le document du cabinet d’experts que vous avez financé, sur le bilan et les conclusions de l’analyse 2024, il est nécessaire de dégager 1M€ de marge annuelle supplémentaire, on en est loin. Depuis 2021, on alerte là-dessus. Je ne dis pas qu’il ne se fait rien, mais pour l’instant, ça a été insuffisant. Sur les attaques continuelles de l’État, je les dénonce tout comme vous. Simplement, en connaissance de ces choses là, qu’avons-nous fait ? Que fallait-il faire que nous n’avons pas fait pour se préserver au maximum de ces atteintes et de celles qui arrivent ? », alerte Gérard Voinnet.

Les élus de la minorité n’ont pas voté le budget 2026 ©CT

« Nous partageons ce que vous venez de dire globalement. Ça donne des tendances lourdes, qui s’imposent à nous. Que devions-nous faire ? Espérer que l’État nous taxe un peu moins, ce n’est pas forcément le cas depuis des années », répond Patrick Genre. Il rappelle que la municipalité a tenté de diminuer les charges à caractère générale « qu’il faudra continuer et certainement accentuer ». Une baisse de 10% sur les consommations énergétiques devrait s’opérer dès cette année, « liée aux investissements que nous avons réalisés depuis le début du mandat. Toutes les collectivités se retrouvent dans la même situation. Il y a des leviers sur lesquels on peut agir mais ils ne sont pas simples : la fiscalité, les subventions, maintenir tous les services publics ? On a décidé de ne rien réduire. La situation est compliquée, pas dramatique. On aurait pu aussi décider d’investir beaucoup moins, mais beaucoup sont à dire que c’est ce qui soutient notre économie locale », conclut Patrick Genre. Le budget a été voté à la majorité, avec cinq oppositions et une abstention.