Valoreille. Avec LIMITOX 3, l’EPAGE Doubs Dessoubre élargit son action pour protéger la qualité de l’eau

L'EPAGE Doubs Dessoubre a officiellement lancé LIMITOX 3 le 10 juillet à Valoreille. La troisième phase d’un programme qui ambitionne de réduire les pollutions de l'eau dans le Doubs.

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© Gaël LE GUENNEC

Après avoir accompagné pendant près de dix ans les entreprises et les artisans dans la réduction des rejets de substances dangereuses, l’EPAGE Doubs Dessoubre franchit une nouvelle étape. Avec LIMITOX 3, signé le 10 juillet à Valoreille, le programme s’étend désormais aux secteurs agricole, forestier, mais aussi aux particuliers.

Une démarche élargie

Lancé en 2015, LIMITOX visait à réduire les pollutions issues des activités industrielles et artisanales. Les deux premières phases ont permis d’accompagner plus de 100 entreprises et ateliers municipaux, pour près de 5 millions d’euros d’investissements, dont plus de 2 millions d’euros financés par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Pour la période 2026-2028, le dispositif s’élargit : « Il n’y a pas que les industriels qui peuvent avoir des rejets de substances chimiques. Nous nous ouvrons désormais aux activités sylvicoles, aux agriculteurs et sans oublier les particuliers et les ménages », explique Anthony Mérique, président de l’EPAGE Doubs Dessoubre. Le programme entend travailler avec les filières agricoles pour les emmener vers des pratiques conciliant la protection de l’eau avec les enjeux économiques. De même pour le secteur de la sylviculture, vers lequel la mission sera de faire la promotion des bonnes pratiques. L’aide aux entreprises reste le principal volet du programme LIMITOX 3. À elle seule, elle représente près de 90 % du budget, consacré à des projets d’améliorations pour les entreprises.

Sensibiliser plutôt que contraindre

Chez les particuliers, l’objectif sera avant tout pédagogique. Réunions publiques, interventions dans les écoles et campagnes de sensibilisation viendront encourager l’adoption de gestes limitant les pollutions domestiques. Même logique auprès des entreprises, où la démarche repose exclusivement sur le volontariat. Les équipes de l’EPAGE réalisent un diagnostic des pratiques, proposent des pistes d’amélioration puis accompagnent, si besoin, le montage des dossiers de subventions. « La plupart du temps, ce n’est pas qu’ils veulent mal faire. Ils ont leurs habitudes et, une fois qu’on met le doigt dessus, ils sont prêts à agir », souligne Anthony Mérique.

Une mobilisation sur le long terme

Doté d’un budget global de près de 5 millions d’euros sur trois ans, LIMITOX 3 mobilise deux chargés de mission dédiés, les communautés de communes du territoire, la Chambre de commerce et d’industrie Saône-Doubs ainsi que l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Alors que plusieurs épisodes de pollution ont récemment marqué le Doubs le Cusancin ou encore le ruisseau de la Tanche, le président de l’EPAGE appelle à une mobilisation collective sans céder au catastrophisme. « Alarmiste, pas encore », estime-t-il. « Protéger les cours d’eau, c’est notre mission, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. C’est un travail qui prendra des dizaines d’années. Il faut que chacun prenne conscience de ces difficultés. Pour l’avenir de nos petits-enfants, il faut entreprendre dès maintenant. »