
Le mémorial de la déportation se trouve au cimetière des Chaprais, le plus grand de Besançon. À l’entrée principale sont gravés 102 noms de bisontins déportés pendant la seconde guerre mondiale. Jennifer Rousselle, directrice de Cabinet du préfet du Doubs présidait la cérémonie du 19 juillet 2026, accompagnée des autorités militaires, de Dominique Voynet et Laurent Croizier, députés du Doubs, Christine Bouquin, Présidente du conseil départemental, Ludovic Fagaut, Maire de Besançon et de nombreux conseillers municipaux.
Le 16 juillet 1942 reste l’un des épisodes les plus tragiques de la persécution des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme le rappelait Jacques Chirac dans son discours du 16 juillet 1995 désormais dans l’Histoire, « ce jour-là, la France, patrie des Lumières et berceau des Droits de l’Homme, a commis l’irréparable, l’innommable, l’indicible. Pendant 5 longues journées, 13 152 personnes de confession juive ont été enfermés au Vélodrome d’Hiver, surveillés par des policiers français. Dans la promiscuité, l’absence d’hygiène, de nourriture, elles ont attendu d’être conduites vers Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers avant d’être expédiées dans les convois de la mort pour Auschwitz-Birkenau ». Cette journée annuelle honore également les 76 000 français, raflés et déportés au seul motif qu’ils étaient juifs.
Se recueillir devant ce mémorial n’est pas seulement un acte de mémoire. Il rappelle à chacune et chacun que « l’antisémitisme change de langage, change de prétexte mais reste encore aujourd’hui ancré dans l’esprit de trop de nos concitoyens » comme l’a rappelé Alain Silberstein, Président de la communauté juive de Besançon. S’il a souligné « que le 7 octobre 2023 a clairement remis dans l’actualité des actes que nous pensions appartenir au passé », il se souvient également qu’en France, pendant l’occupation, « la dignité humaine était au rendez-vous grâce aux Justes, ces héros du quotidien qui risquaient leur vie pour en sauver d’autres. Nous ne devons pas détourner le regard de notre passé et regarder l’histoire en face ».
L’antisémitisme ne doit pas être banalisé
Depuis le 7 octobre 2023, « les actes antisémites se maintiennent à un niveau historiquement élevé » souligne le ministère de l’Intérieur qui en a recensé 1 320 en 2025. Agressions physiques, verbales, haine en ligne, les actes antisémites représentent 53% de l’ensemble des faits antireligieux alors que la religion juive demeure une pratique minoritaire en France.
A Besançon même, le musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle, n’a pas fait exception. Depuis janvier 2026, onze saluts nazis y ont été recensés par des auteurs qui ne semblaient pas mesurer la gravité de leurs gestes.





























