Besançon. Au centre-ville, un mois de décembre 2025 plus que mitigé pour le commerce

Comme tous les ans, chacun commerçant dresse un bilan à son image. Les optimistes se rassurent, les pessimistes se désolent. Tous constatent un pouvoir d’achat en berne.

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Le sapin de 18 mètres de haut a dominé la place Saint Pierre tout le mois de décembre ©YQ

Optimistes et pessimistes partagent le même constat : « les animations de Noël ne sont pas à la hauteur de la capitale comtoise. Pas de musique, très peu d’animations… Noël, ce n’est pas magique à Besançon » confirme une commerçante de la Grande Rue.

Les derniers jours avant Noël boostent l’activité

Chez « Paul & Marius », l’enseigne de maroquinerie, « on constate moins de visiteurs, moins de promeneurs…conclusion moins de fréquentation » dans un magasin qui, pourtant, privilégie un renouvellement constant de ses collections.

Pour « Lulubel » qui offre une gamme « presque » aussi large qu’une grande plateforme internet à des niveaux de prix très abordables, si le magasin ne désemplissait pas les derniers jours avant Noël, il manquait la fréquentation globale de Besançon. Même son de cloche chez « Pylones » rue des Granges et ses cadeaux colorés. « La baisse du pouvoir d’achat à Besançon est aussi l’une des raisons ».

78% des Français ont acheté leurs cadeaux de Noël sur internet, selon l’enquête de la fédération du e-commerce et de la vente à distance. Si les magasins indépendants tirent leur épingle du jeu sur les derniers jours avant Noël, tous se plaignent de la concurrence des grandes plateformes américaines et chinoises.

Côté alimentaire et restauration, le bilan est plus mitigé. La qualité prime sur la quantité, à l’image de « Gillotte » le chocolatier bourguignon installé rue des Granges depuis 2019. « Se faire plaisir plus souvent », c’est la recette gagnante du chocolatier qui réalise un excellent mois de décembre. « Nos clients sont sensibles à la qualité des produits, mais aussi au conseil personnalisé ». Le chocolat reste la valeur sûre pour faire oublier les soucis du quotidien.

La restauration est aussi une valeur sûre à condition de concilier service et qualité. La « Brasserie Granvelle » en fait partie ; elle a bénéficié de l’absence d’un lieu convivial couvert au marché de Noël pour faire le plein tout au long du mois de décembre. Plusieurs restaurants de la Boucle, chacun dans son image de marque, ont tiré leur épingle du jeu dans un contexte pourtant contraint par le pouvoir d’achat. Malgré le contexte difficile, les commerces alimentaires ont fait le plein, notamment les dernières heures avant Noël. Pour le premier Noël du nouveau magasin de Xavier Brignon, place de la Révolution, le pâtissier a attiré une nombreuse clientèle, là aussi cherchant conseil et qualité. Les retours sont plus moroses pour les commerçants du marché couvert !

Le marché de Noël n’a pas fait l’unanimité

À Besançon, les promeneurs n’ont pas trouvé la féérie des marchés de Noël. Seule, la mixité des chalets, entre alimentation et artisanat, a trouvé grâce auprès des artisans présents. Mais à moins d’une heure de Montbéliard et « ses lumières de Noël », les bisontins ont été nombreux à choisir la Cité des Princes où le marché de Noël accueille plus de 500 000 visiteurs chaque année.

Si la fréquentation du marché de Noël de Besançon a été plutôt satisfaisante, certains visiteurs se rappelaient du « parcours de lumières » de Noël 2016. Il y a 9 ans, l’Office du Commerce et de l’Artisanat de Besançon avait fait appel à un prestataire italien pour animer rues, places et quais de Besançon. Des projections vidéo magnifiaient le patrimoine architectural de la Boucle…il y avait même un troll bavard caché dans un arbre de la promenade Granvelle. « Nous ne sommes pas à Lyon mais le patrimoine bisontin mériterait une belle mise en lumières » remarquait une famille pontissalienne en visite à Besançon. D’autres ont regretté la traditionnelle descente du Père Noël sur la façade de l’église Saint Pierre.

Yves Quemeneur