
Depuis juin dernier, le groupe Colruyt a annoncé le rachat de ses magasins partout en France. L’enseigne a fait son entrée en France en 1996 via le rachat du groupe jurassien Ripotot, propriétaire de plusieurs magasins de proximité dans la région. C’est même en Franche-Comté que Colruyt inaugure son premier supermarché français, en 1997, à Pontarlier. Mais entre fin janvier et fin février 2026, l’ensemble du parc basculera vers les nouveaux propriétaires ou cessera définitivement son activité, comme l’indique le groupe Colruyt.
Fermeture les 27 janvier, 21 février et 24 février 2026
Sur la totalité du parc de magasins Colruyt France, 105, trois sont repris par le Groupe Carrefour, 14 par le Mouvement E.Leclerc, deux par la Coopérative U, 81 par le Groupement Mousquetaires (Intermarché, Netto), cinq n’ont reçu aucune offre. Tous les Colruyt du Doubs sont concernés par le rachat du Groupement Mousquetaires, à l’exception de celui d’Audincourt (Mouvement E.Leclerc). « Les magasins ont été repris par des chefs d’entreprise indépendants. Le point de vente d’Audincourt n’a pas trouvé preneur », nous indique le Groupement Mousquetaires.
Trois vagues de fermetures sont prévues : les 27 janvier, 21 février et 24 février. Celui d’Arcey fermera le 27 janvier, celui d’Audincourt le 21 février. Le 24 février, sont concernés : Avanne-Aveney, Bavans, Mathay, Miserey-Saline, Pontarlier, Saint-Hippolyte. Le transfert de propriété vers le Groupement Mousquetaires, avec Intermarché en chef de file, interviendra le 28 février au soir. Un délai de quatre jours entre la fermeture des magasins et la cession, « lié aux différentes tâches nécessaires à cette préparation. Dans la foulée, des inventaires seront réalisés magasin par magasin puisque le stock est repris aussi par le Groupement Mousquetaires », précise Nicolas Ohlmann, responsable marketing du groupe Colruyt.
Le Colruyt de Pontarlier rouvrira sous l’enseigne Intermarché
À Pontarlier, un Intermarché Hyper est déjà présent, en lieu et place de l’ancien Géant Casino. Avec le rachat du Colruyt, on aurait pu penser que le magasin rouvrirait sous l’enseigne Netto. Mais le Groupement Mousquetaires nous confirme le contraire. « Le Colruyt de Pontarlier ouvrira sous enseigne Intermarché ». Un Intermarché Super, pour plus de précision. Le groupe assure que tous les salariés sont repris. En ce qui concerne les services proposés, « les chefs d’entreprise indépendants qui reprennent les points de vente sont décisionnaires sur le maintien des services proposés. D’autres services comme le e-commerce peuvent aussi être développés ».
La date d’ouverture n’a pas encore été communiquée, mais le magasin de Pontarlier, comme tous les autres Colruyt, connaîtront une fermeture pour travaux. À la suite de ça, « les points de vente ouvriront sous enseigne Intermarché ou Netto (fermeture de 2 semaines à un mois selon les cas). Certains points de vente auront une seconde période de fermeture pour d’autres travaux de mise au concept. Des études de marché sont réalisées pour identifier l’enseigne pertinente pour la zone », nous explique le Groupement Mousquetaires.
Acquérir 20% de parts de marché d’ici 2028
À l’échelle nationale, le Groupement Mousquetaires acquiert 81 supermarchés Colruyt. « Ce projet d’acquisition s’inscrit dans le plan stratégique du Groupement qui vise à renforcer les positions de ses enseignes Intermarché et Netto en France, avec pour objectif d’atteindre 20% de parts de marché d’ici 2028 », détaillait le groupe dans un communiqué de presse du 17 juin 2025. Au total, ce transfert représenterait 215 millions d’euros, un chiffre mentionné dans un communiqué de Colruyt Group de juin 2025, mais que le Groupement Mousquetaires ne souhaite pas confirmer.
En octobre 2023, le Groupement Mousquetaire a racheté 294 magasins Casino, 211 sous le nom d’Intermarché (dont Pontarlier), et 62 sous Netto. 18 mois plus tard, le groupe s’est séparé de 30 magasins repris. « Alors que la très grande majorité des points de vente connaissent un accroissement de leur activité, la situation économique propre à ce nombre limité de magasins rend impossible l’atteinte de tout équilibre financier susceptible de permettre leur exploitation par des chefs d’entreprise indépendants mais également par la concurrence qui, à ce stade, a décliné les différentes propositions », expliquait à l’époque le groupe.
Le Groupement Mousquetaires continue sur sa lancée de développement en annonçant le 25 novembre dernier un nouveau partenariat stratégique avec Auchan Retail. « Intermarché / Netto et Auchan Retail envisagent un renforcement majeur de leur partenariat stratégique et entrent en négociations exclusives en vue du passage sous les enseignes Intermarché et Netto des supermarchés actuellement exploités par Auchan Retail en France métropolitaine (hors Corse). […] Soumis à l’approbation des autorités de la concurrence et la consultation des instances représentatives du personnel, ce projet pourrait être effectif fin 2026 ».
Colruyt représente 0,4% de part de marché en France
Le groupe Colruyt représente 30% de parts de marché en Belgique, mais seulement 0,4% en France. « On était la plus petite enseigne de France, dans un contexte de regroupement très fort des enseignes, puisque certaines ont déjà disparu, on parle de Casino, de Cora. L’ambition de Colruyt était une croissance par l’augmentation de son nombre de magasins, donc du parc. De ce côté-là, les terrains et les autorisations sont de plus en plus difficiles à obtenir. Il n’y avait plus de perspective de croissance en France pour l’enseigne Colruyt », détaille Nicolas Ohlmann, responsable marketing du groupe. En 2008, Colruyt représentait 35 magasins. En 2023, 99 magasins. « Pour les années à venir nous visons un rythme d’ouvertures annuel de 10 magasins sur le grand quart Est de la France », indiquait le groupe à l’époque. Les objectifs n’ont pas réussi à être atteints.
Se séparer de la France est « une concentration sur leur cœur de marché belge et luxembourgeois. C’est une réorientation stratégique sur le cœur de métier du groupement Colruyt qui est d’origine belge. C’est surtout un manque de perspectives en termes de croissance par le nombre d’ouvertures de magasins », conclut Nicolas Ohlmann.




























