Pontarlier. À l’école Henri Cordier, le projet de suppression de classe est finalement annulé

Les parents d’élèves de l’école élémentaire se sont mobilisés devant l’entrée lundi 30 mars pour faire entendre leur voix face à une volonté de suppression de classe. Un projet inacceptable pour les parents qui dénoncent un contexte tendu avec de nombreux arrêts maladie et départs à la retraite annoncés, d’autant qu’une classe a déjà été supprimée en septembre 2025. Finalement, les services académiques ont décidé de maintenir le nombre de classes pour la rentrée 2026.

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Les parents d'élèves se sont mobilisés devant l'école ce 30 mars ©CT

L’école élémentaire Henri Cordier a déjà vu l’une de ses classes supprimées en septembre 2025. Il y a quelques jours, l’annonce d’une nouvelle suppression envisagée par le rectorat n’a pas du tout plu aux parents d’élèves qui, inquiets, ont décidé de se réunir ce lundi 30 mars pour faire entendre leur voix. « On est déjà dans une école qui est fragilisée avec un contexte particulier, tendu. On veut nous supprimer une classe qui fera que le contexte sera encore plus fragilisé. Ce n’est pas entendable et pas possible », a alerté cette maman, rejointe par la quinzaine d’autres parents présents.

« L’école “recrute” sur deux gros quartiers, ce qui nécessite beaucoup de classes et d’enseignants. Il y a des problématiques sociales. Au niveau de la direction, c’est compliqué de tout gérer. La directrice nommée en septembre est très jeune. On ne lui jette pas la pierre, mais la tâche était vraiment grande pour gérer l’enseignement et les problématiques qu’il y a dans l’école », a ajouté une autre maman. Certaines situations font actuellement l’objet d’enquête. Depuis la mi-janvier, la directrice est en arrêt maladie. Les autres enseignants se relaient pour tout gérer. 

Trois enseignants différents par semaine

À cette absence s’ajoutent d’autres arrêts maladies pour cette école qui regroupe neuf classes et une classe ULIS. « On a des remplaçants qui viennent de Montbéliard, de Besançon. La semaine d’après, c’étaient des différents. Certains ne trouvaient même pas l’école, arrivaient en retard ». Une classe de CP a parfois eu trois enseignants différents en une semaine. « Le rectorat nous dit qu’il y a un suivi des apprentissages car il y a un enseignant devant chaque élève. Il y a quatre départs à la retraite annoncés en plus des arrêts maladie. Il n’y a aucune stabilité. Il y a énormément de soucis et là on nous rajoute la suppression d’une classe. Ça engendre moins de jours de direction par semaine alors qu’il y a déjà une crise de la direction car on n’arrivait pas à tout faire », se désolent les parents. 

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Des enseignants « fatigués »

« Le tableau est noir », concède le nouveau maire de Pontarlier, Patrick Comte, venu sur place pour soutenir l’action des parents. « On demande un soutien du rectorat pour l’équipe pédagogique, pour nos enfants et pour leur sécurité et leur apprentissage », affirme une maman. « Les enseignants qui restent tiennent mais ça ne durera pas dans le temps. On le voit, ils sont fatigués. Ils le font pour les élèves. Il y a des élèves qui devraient être dans d’autres structures qui sont aujourd’hui assumés par l’école mais on enlève des AESH, des contrats civiques. Toutes ces petites mains, on en a besoin au quotidien. Il faut arrêter l’hémorragie sinon ils vont partir les uns après les autres. Tout le monde tient mais à force ça craque. Tout le monde est humain », conclut un autre parent d’élève. La décision finale de supprimer ou non une nouvelle classe a été prise ce mercredi 1er avril. Les parents ont été entendus, l’école Cordier garde son nombre de classes pour la rentrée 2026. Une première bonne nouvelle. Reste à savoir si les départs annoncés seront remplacés.