
Il y a trois ans, des jeunes des Hôpitaux-Neufs ont découvert l’histoire d’un aviateur américain qui avait été caché dans le village en 1944. Pour connaître son périple, il faut remonter plusieurs années en arrière. 16 mars 1944, le B-17 de George W. Starks, du 407e escadron, 92e groupe de bombardement, a été abattu près de Vitry-le-François en France. Blessé à la jambe gauche et au pied droit, il s’est mis à marcher pendant trois mois, réussissant l’exploit de traverser la France occupée, avant d’arriver à Pontarlier, où le commissaire de police le met en relation avec Maurice Baverel, un agent secret de la résistance. Ce dernier a joué un rôle immense et l’a amené jusqu’à la famille Boillot, qui logeait dans le lieu-dit Le Miroir aux Hôpitaux-Neufs. Il y est resté douze jours. Ayant peur d’être démasqué par les Allemands, le Docteur Charlin lui est venu en aide, pour rejoindre la famille Bolognel aux Piquets, à Jougne où il ne lui restait plus qu’une trentaine de mètres à faire pour arriver en Suisse et être officiellement sauvé, quelques jours avant les événements du 4 septembre et de la libération du secteur.
Passer 4 chekpoints en 3km
« Pour réaliser la traversée jusqu’à Jougne, ils ont pris la solution aussi simple que dangereuse, celle de mettre l’aviateur américain sous une couverture, où était posée par-dessus la sacoche médicale du Docteur Charlin. Il était interdit de passer, sauf pour les habitants et ceux qui avaient un laissez-passer. Comme il était docteur, il a prétexté devoir soigner quelqu’un aux Piquets. En 3 km, il y avait quatre checkpoints. À chacun d’entre eux, le Docteur Charlin demandait à George W. Starks d’arrêter de respirer. Le ton est monté dans le quatrième checkpoint mais comme l’aviateur ne parlait pas français, on ne sait pas réellement ce qui s’est dit entre l’officier et le docteur », détaille François Lichère, arrière-petit-fils du Docteur Charlin, ce mardi 28 avril aux Hôpitaux-Neufs où un panneau a été dévoilé aux abords de la maison de la famille Boillot, qui a caché l’aviateur.
« On ne veut pas envoyer les hommes à la guerre de nouveau »
C’est grâce à une lettre rédigée par le président des États-Unis et envoyée à la famille Boillot pour les remercier d’avoir protégé George W. Starks que Léonie, Aël, Paul, Héloise, des enfants des Hôpitaux-Neufs, ont pu mener l’enquête il y a trois ans. « J’avais 13 ans quand mon père m’a dit qu’il voulait se rendre en France pour retrouver toutes les personnes qui l’ont aidé et caché. On a passé tout l’été de 1970. Je voulais revenir il y a longtemps, maintenant il est trop tard car les personnes qui ont aidé sont mortes », témoigne Michael Starks, fils de l’aviateur américain. Il s’est rendu aux Hôpitaux-Neufs pour l’occasion. « Le travail est fantastique. La manière dont il a été traité est exceptionnelle. Je prends ça avec beaucoup d’humilité. On doit partager cette histoire si on ne veut pas qu’elle se répète. Il faut étudier l’histoire car on ne veut pas envoyer les hommes à la guerre de nouveau ».





























