Économie. Le Président de la CPME nationale était en visite à Besançon

Amir Réza-Tofighi était invité d’honneur de l’assemblée générale annuelle de la CPME du Doubs qui se déroulait dans les locaux du Crédit Agricole de Franche-Comté, le 29 avril dernier.

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Sylvain Marmier, Président du Crédit Agricole de Franche-Comté, David Sauvan, Président de la CPME du Doubs, Amir Réza-Tofighi, Président de la CPME nationale et John Billard, coordinateur de projets pour la fondation "MMA Entrepreneurs du futur" ©YQ

Le nouveau patron des PME et TPE françaises, Amir Réza-Tofighi a insisté sur cette caractéristique : la CPME accompagne et soutient les entrepreneurs indépendants dont le patrimoine est souvent totalement engagé dans leur entreprise.

Un patron parti de rien

Amir Réza-Tofighi est âgé de 41 ans. Élu en janvier 2025 à la tête de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), ce jeune chef d’entreprise est né à Grigny dans l’Essonne, de parents réfugiés politiques iraniens. Après un cursus à Supélec puis un master en entrepreneuriat à HEC, il crée en 2003 Vitalliance, un réseau de sociétés privées de services à la personne dont il assure toujours la présidence. L’entreprise dispose de plus de 200 agences en France et emploie 13 500 collaborateurs. Vitalliance aide au quotidien des milliers de clients en situation de dépendance ainsi que leurs aidants grâce à ses services d’aide à domicile.

La CPME, un réseau de 320 000 entreprises

« Nous sommes la première organisation patronale en nombre d’entreprises » plaide Amir Réza-Tofighi. Forte des 130 unités territoriales réparties sur le territoire métropolitain, la CPME entend peser dans le débat politique et économique et ne pas laisser la parole des patrons au seul MEDEF. Pour autant, le président de la CPME collabore avec le MEDEF sur nombre de sujets. Toutefois, il tient à bien faire la différence entre des dirigeants, souvent salariés de grands groupes soumis aux décisions des conseils d’administration et les patrons de PME, mêmes importantes, qui ont un véritable pouvoir de décision.

Dans le département du Doubs, la CPME est présidée par David Sauvan. Le dirigeant d’un réseau d’agences d’intérim implanté dans la région, revendique plus de 200 adhérents. Élu également en janvier 2025, David Sauvan entend bien développer le poids des PME dans une région industrielle composée de nombreuses PME et TPE.

Un pouvoir politique faible et instable

Le patron des PME s’inquiète du nombre de défaillances d’entreprises :« nous constatons 19 000 défaillances d’entreprises au 1er trimestre 2026″. Une situation inquiétante pour le monde économique souligne Amir Réza-Tofighi. Pour contrer cette tendance, l’organisation des PME a déjà agi activement ces derniers mois. Notamment dans les discussions sur l’abus des arrêts maladie « Il faut remettre de l’ordre concrètement dans ces abus ». La CPME est aussi à l’origine de la mise en place de la taxe de 5€ sur les petits colis pour lutter contre la concurrence déloyale des plateformes internationales en ligne « une taxe opérationnelle au niveau européen à compter du 1er novembre 2026″. La CPME souhaiterait également expérimenter des « tests entreprises », consistant à tester sur le terrain de nouvelles réglementations ou lois avant leur mise en application pour en évaluer leur efficience ou leur inutilité.

« Retrouver sa place au travail »

« Le travail est une émancipation sociale » insiste le patron des PME. Il souhaite augmenter le taux d’emploi des jeunes et des seniors. S’agissant de ces derniers, le taux d’emploi des seniors (55-64 ans) est de 65% dans la moyenne européenne et seulement de 60% en France.

Un patron optimiste

Malgré une situation économique fragile, Amir Réza-Tofighi veut transmettre un message d’espoir aux entrepreneurs français. « Il y a beaucoup à faire pour retrouver notre souveraineté industrielle, médicale, alimentaire, numérique et devenir de vrais acteurs de l’intelligence artificielle. Les chefs d’entreprise français ont une capacité de forte résilience. La France est un pays de compétences. Il faut simplement les laisser s’exprimer librement ».

Yves Quemeneur