Quiconque consulte fréquemment des journaux anciens, comme Le Petit Comtois, peut remarquer que les suicides étaient relativement fréquents à la fin du XIXe siècle en Franche-Comté. Armes à feu, noyades, pendaisons… Les façons pour se donner la mort étaient nombreuses.
Dans son étude sur le suicide publiée en 1897 (Le Suicide, Paris, Félix Alcan éditeur, 1897), le sociologue Émile Durkheim (1858-1917) note par exemple pour l’année 1875 en France que la strangulation et la pendaison étaient les procédés les plus utilisés pour se tuer (environ 45% des suicides), devant la « submersion » (29%) et les armes à feu (11%). Seulement 3% se jetaient « d’un lieu élevé » (p. 328). Il met très bien en évidence que les hommes se suicidaient davantage que les femmes au milieu du XIXe siècle en France (p. 38).
Le cas qui se déroula à Byans (Doubs) le 6 mai 1896 est donc loin d’être le type de suicide le plus courant à la fin du XIXe siècle. En fin d’après-midi, un homme « qui était hanté de la manie du suicide depuis longtemps, a mis son triste projet à exécution après le passage du train de 4 h. 58, en sautant [par-dessus] la barrière du pont du chemin de fer », explique un rédacteur anonyme du journal Le Petit Comtois dans l’édition du 8 mai 1896. Il ajoute que : « La tranchée étant très profonde en cet endroit, il s’est, dans sa chute, fracturé le crâne et brisé un poignet. La mort a été instantanée. Afin qu’il ne soit mutilé par l’express, le chef de gare a dû arrêter le train, ce qui a causé une vive émotion parmi les voyageurs. » (n°4614, p. 3.)
Si des idées noires traversent votre esprit, n’hésitez pas à en parler, notamment à votre médecin. Des gens qualifiés sont là pour vous aider !





























