
Casques et gilets orange de rigueur, élus locaux, régionaux et techniciens se sont offert une plongée dans les coulisses du ferroviaire, et d’un chantier à plus de 9,2 millions d’euros. À Mouchard, l’infrastructure dépassait largement l’échelle locale. « Mouchard sans sa gare, ce n’est pas possible », rappelait, en préambule, le maire Michel Rochet, évoquant l’ancrage historique et symbolique de cet équipement « connu partout ».
Car la gare constituait un véritable carrefour ferroviaire, reliant plusieurs axes régionaux et nationaux. Le président de la Région, Jérôme Durain, en rappelait les chiffres : « 42 trains par jour, 573 voyageurs en moyenne », avec des liaisons vers Paris, Lyon ou le sud.
Derrière les chiffres, un message politique : celui d’un réseau ferroviaire qui devait continuer à se renforcer. L’élu saluait au passage « la qualité du partenariat » entre SNCF, État et collectivités. « On peut faire du bon travail quand on est tous autour de la table », insistait-il, évoquant un projet collectif au service des usagers.

Même satisfaction du côté de l’État. Représentant le préfet, le sous-préfet de Dole, Hugues Alladio, félicitait « l’engagement dans ce beau chantier », tout en mettant en avant les enjeux de fiabilité et de transition écologique.
Un chantier technique d’ampleur, mené de nuit
Au-delà des discours, la visite plongeait rapidement dans le concret. Le chantier, engagé depuis janvier et prévu jusqu’au 11 juillet, visait à moderniser en profondeur les voies de la gare. « La voie date des années 80, et certains rails des années 70 », expliquait un responsable, soulignant la nécessité d’une régénération complète.
L’opération, financée à hauteur de 9,3 millions d’euros par SNCF Réseau, prévoyait le remplacement de plusieurs kilomètres de rails, de milliers de traverses et de plusieurs aiguillages. Une intervention lourde, rendue plus complexe encore par la nécessité de maintenir le trafic ferroviaire.
Pour y parvenir, les travaux se déroulaient principalement de nuit, entre 21 heures et 6 heures. « L’objectif est de préserver les circulations en journée », rappelait Gwenaëlle Bourse, maître d’oeuvre du projet, tout en garantissant « la sécurité, la fiabilité et la performance du réseau ».
Chaque nuit, environ 25 agents et une dizaine d’entreprises se relaient sur le chantier. Des moyens industriels spécifiques étaient mobilisés, notamment pour le remplacement des appareils de voie, parfois longs de plusieurs dizaines de mètres.
Une modernisation inscrite dans la transition écologique
Au-delà de la seule régénération des voies, SNCF Réseau et ses partenaires mettaient en avant une démarche environnementale. Le chantier intègre notamment le recyclage des matériaux déposés : ballast réutilisé, traverses concassées, rails revalorisés dans d’autres usages.
La gare elle-même s’inscrit dans cette dynamique. Transformée ces dernières années en pôle d’échanges, elle intégrait désormais des équipements liés à la transition énergétique, comme des ombrières photovoltaïques permettant une production locale d’électricité. Et est, par ailleurs, la première gare de France en auto-consommation.
Pour SNCF Réseau, ces investissements s’inscrivaient dans une stratégie plus large. Depuis 2022, près de 50 millions d’euros avaient été engagés sur le secteur, avec un objectif clair : accompagner la montée en puissance du ferroviaire dans les mobilités du quotidien.
































