Franck Bonneau, est tombé amoureux du land art il y a une trentaine d’années, lors d’une initiation avec Pierre Duc, artiste jurassien. Cette rencontre a marqué un tournant dans sa vie. Depuis, cet habitant de Rioz voue une véritable passion pour cet art particulièrement visuel consistant à dessiner des oeuvres à grande échelle dans des champs. À ses débuts, les prises de vue aériennes étaient rares : il fallait faire appel à un ULM pour découvrir le rendu final. Aujourd’hui, les drones ont révolutionné la discipline et permettent d’explorer de nouveaux angles. Une évolution technologique qui offre une dimension inédite à cet art singulier et éphémère.
Un processus de création long et rigoureux
Chaque projet commence par une image de référence. Dans son atelier, aménagé à l’étage de son domicile, Franck Bonneau passe de longues heures à travailler les visuels sur ordinateur. Direction ensuite les champs de son ami Alexandre Gauthrot, éleveur à Bonnay, où l’œuvre peut commencer à prendre forme. L’artiste commence par planter une centaine de piquet en bois reliés par des ficelles afin de créer une sorte de quadrillage grandeur nature, sur la parcelle sélectionnée. « Le land art, c’est de la géométrie XXL », s’amuse-t-il. A chaque case du quadrillage correspond une taille de tonte, faisant ainsi varier la couleur du rendu. C’est cette variation de taille de la végétation qui donne au dessin tout son relief. Plus de 2 mois de travail et environ 100 heures de tonte sont nécéssaires pour finaliser une oeuvre. « Je m’arrête quand il n’y a plus d’essence dans la tondeuse » se confie-t-il. Un travail particulièrement physique pour l’ancien couvreur-zingueur aujoud’hui reconverti dans la restauration. Mais pour Franck Bonneau, l’effort en vaut largement la peine. Car au-delà de la performance, ses œuvres offrent un spectacle unique… avant de disparaître, emportées par le temps et les éléments.
Un Rocky Balboa de 12 500m² pour célébrer les 50 ans du film

Pour célébrer les 50 ans d’une de ses idoles, Franck Bonneau n’a pas fait les choses à moitié. Au printemps 2025, il a réalisé une œuvre de 130 mètres de long sur 96 mètres de large, soit plus de 12 500m² de terrain, rendant hommage à Rocky. Réalisée en 2025 pour anticiper le montage et la diffusion, son œuvre a déjà cumulé plus de 1,1 million de vues sur les réseaux sociaux. Même Silvester Stallone, acteur vedette du film a repartagé l’œuvre sur ses réseaux sociaux. Une véritable consécration pour Franck Bonneau, passionné de l’acteur et de son univers depuis son plus jeune âge.
Des créations variées
Franck Bonneau n’en est pas à son coup d’essai avec Rocky. Il a déjà réalisé un certain nombre de land-art comme un portrait de Charlie Chaplin pour l’inauguration du musée dédié à l’acteur en Suisse, un projet de Vauban ou encore, plus original, un land art de 60 mètres pour une demande en mariage, qui a fait forte impression. Une nouvelle création est d’ailleurs prévue pour 2027. Le thème reste secret, mais l’artiste promet un projet inattendu, qui lui tient particulièrement à cœur.
Un art en lien avec la nature
Dans le land-art, la météo reste un facteur déterminant et imprévisible. « La météo, c’est un véritable challenge, surtout dans la région. Une alternance de soleil et de pluie peut faire pousser l’herbe très vite et modifier le dessin en quelques heures. » confie Franck Bonneau. Mais c’est aussi ce qui fait toute la beauté de cet art : rendre hommage à une nature vivante et imprévisible. Soucieux de ne pas dégrader le terrain qu’il façonne pour ses œuvres, l’artiste tient à préciser que le land-art est une pratique 100% naturelle : « Je n’utilise aucun pesticide ni désherbant ».



























