Besançon. Ludovic Fagaut, retour sur deux mois de vie municipale

2 mois après sa prise de fonction en tant que Maire de Besançon et quelques semaines après sa nomination comme Président de Grand Besançon Métropole, quel bilan peut-on tirer des premiers pas de Ludovic Fagaut ?

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Ludovic Fagaut, Président de Grand Besançon Métropole et Maire de Besançon lors de la séance d'installation du conseil communautaire du 20 avril 2026 ©YQ

Sécurité et tranquillité publique, priorités confirmées du nouveau maire de Besançon

Particulièrement symbolique, le choix de la première sortie officielle du nouveau maire est toujours scruté avec intérêt. Or, Ludovic Fagaut l’avait annoncé tout au long de sa campagne : la sécurité serait l’une des priorités. C’est dans cette optique que le nouvel édile s’est rendu dans les locaux de la police municipale. Rassurant à l’égard des policiers municipaux, le nouveau maire a confirmé « Vous avez l’expertise, le projet que nous portons ne se fera pas sans vous ». Il leur a également confirmé sa volonté de doter tous les agents d’armes létales : « souvent primo-intervenants face aux incivilités et aux délits, vous devez protéger la population et vous protéger ». Augmentation des effectifs, amélioration de la rémunération, investissements nouveaux dans la vidéo protection et l’aménagement d’un nouveau commissariat de police municipale, le cœur de la ligne politique de Ludovic Fagaut autour de la tranquillité publique s’est construit dès les premiers jours du mandat. Reste maintenant à savoir si ces annonces économiquement lourdes pourront être effectivement mises en place par la nouvelle équipe municipale.

Lors de cette première visite, la première adjointe au maire, Emmanuelle Huot-Cusenier a annoncé la rédaction prochaine d’un arrêté anti-mendicité conforme à la réglementation au centre-ville. Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir l’opposition, vent debout contre cette mesure.

Un maire de symbole et de terrain 

Les premières semaines de Ludovic Fagaut confirment également l’appétence de l’élu pour le terrain. Présent sur de nombreuses manifestations tout au long de sa campagne, le nouveau maire continue d’être présent sur le terrain. Dernière visite en date, celle effectuée au Centre Technique Municipal où 700 agents travaillent pour la Ville et l’Agglomération, soit 20% des agents des trois collectivités (Ville, GBM, CCAS) (voir notre encadré). Lors de cette visite, il a insisté sur la « culture de la proximité » et sur la « culture du résultat…ce n’est pas un gros mot dans la fonction publique et je l’assume. Une politique qui ne répond pas aux objectifs fixés doit être modifiée ». Mais pour certains membres de l’opposition, cette politique de l’image cache un désengagement politique profond sur les sujets de fond tels que l’éducation, la culture ou le logement. Exemple à la symbolique marquante, la première décision prise par Ludovic Fagaut : l’illumination de la Citadelle. Pour le nouveau maire de Besançon, l’acte n’est pas que symbolique. Il veut « concilier patrimoine et nature, l’identité de la capitale comtoise. » Pour autant, l’opposition, à commencer par Anne Vignot, est montée au créneau dénonçant une décision « d’image qui ne prend en compte les recommandations des scientifiques » concernant la biodiversité. Ludovic Fagaut justifie sa décision par les horaires limités et des secteurs concernés par l’illumination. « La mise en valeur du patrimoine tient compte de la biodiversité » confirme Christine Werthe, adjointe en charge du monument de Vauban. Un premier affrontement entre la nouvelle équipe municipale et l’opposition qui a donné le ton du début de mandat.

Changement de cap politique et financier

Outre l’annonce de la hausse conséquente du budget pour le fleurissement de la Ville (250 000€), une autre annonce passée plus inaperçue représente à elle seule le changement de cap politique entre l’ancienne équipe municipale écologiste et la nouvelle équipe ancrée à droite. Lors du dernier conseil municipal, Fabrice Taillard, nouvel adjoint aux Finances a annoncé la fin de la prise en compte par la Ville des critères éthiques et écologiques pour contracter des prêts auprès des établissements bancaires. « La remise en cause inquiétante d’une avancée majeure » selon Anthony Poulin, ancien adjoint aux Finances à l’origine de cette initiative. Le maire a commandé deux audits (100 K€) qui portent sur l’organisation de la collectivité et sur la situation financière. « La vitrine est belle mais l’arrière-boutique me laisse sceptique » a sous-entendu Fabrice Taillard au sujet de l’état des finances de la Ville, alors que les rapports publiés sur les comptes de la Ville font état d’une gestion équilibrée. Alors coup de communication ou mauvaise surprise ? Espérons que la publication des résultats des audits permettra d’y voir plus clair.

P.G et Y.Q 

Comment fonctionne le Centre Technique Municipal ?

700 agents de la collectivité au service du quotidien

Le Centre Technique Municipal est une grosse machine qui assure le quotidien de la population. Sur 31 000 m², 700 agents y travaillent dans six grandes directions. Ils sont agents de Grand Besançon Métropole pour 84% d’entre eux et agents de la Ville pour 16%. Lors de sa visite du 5 mai, Ludovic Fagaut a proposé de le renommer en « Centre Technique Mutualisé » mettant ainsi en avant l’essentiel des compétences confiées à la Métropole.

Denis Frelat, le Directeur des Services Techniques a présenté l’organigramme et les fonctions des principaux services. Le maire, entouré de plusieurs élus dont Catherine Barthelet, 1ère vice-présidente de GBM et maire de Pelousey, ont ensuite parcouru les ateliers et les services.

Département Eau et Assainissement

De compétence communautaire, ce service est dirigé par Régis Démoly sous la supervision de Laurent Jeunet, maire de Montfaucon et vice-président  de GBM. Il est composé de 195 agents que le grand public identifie au travers de la station de traitement des eaux usées de Port-Douvot, de la source d’Arcier (qui alimente à 40% en eau potable la ville de Besançon) et par l’eau potable « la Bisontine ». Les techniciens et ingénieurs assurent un service quotidien invisible pour distribuer notamment plus de 8 millions de m³ d’eau potable au travers de 1 290 km de tuyaux.

Département Transition Écologique

La gestion des déchets dirigée par Matthias Mennecier sous l’autorité politique de Franck Bernard (maire de Chevroz et vice-président en charge de la Gestion des déchets et de la Propreté) emploie 120 personnes, utilise 30 camions-bennes de collecte des ordures ménagères et 7 véhicules de collecte des points d’apport volontaire. Le service assure la collecte des ordures ménagères sur 51 communes de Grand Besançon et délègue au SYBERT le traitement et la gestion des déchetteries.

La Direction Maîtrise de l’Énergie a pour mission de fournir l’énergie et les services énergétiques à l’ensemble des activités municipales et communautaires. Elle intègre également le réseau de chauffage urbain et anime la politique Climat/Air/Énergie de la Métropole. Dirigée par Antony Joly, elle emploie 46 agents, sous la supervision de Anthony Nappez, maire des Auxons et vice-président en charge notamment des Réseaux de chaleurs, du Gaz et des Énergies renouvelables.

La Direction Parc automobile et logistique est dirigée par Matthias Mennecier. Elle gère un parc automobile et la maintenance de 800 cartes grises grâce aux compétences multiples de 155 agents. Cette direction assure également l’entretien des locaux, la gestion des événements, la livraison des cantines scolaires, toutes les prestations internes. Un service qui doit fonctionner H24 à la disposition de tous.

Département des mobilités

Elle emploie 244 agents qui interviennent sur les voiries et infrastructures, sur l’ensemble des mobilités et agit en support dans les études prospectives et les marchés publics. GBM assure la compétence voirie et autorité organisatrice des mobilités et la Ville de Besançon demeure compétente en matière de propreté, viabilité hivernale, fourrière et stationnement sur voirie.

Le service systèmes et réseaux gère 34 600 luminaires d’éclairage public, 168 carrefours à feux, 180 caméras de vidéo protection urbaine, 30 caméras lecture de plaque et 90 armoires de commande fixes et mobiles pour les manifestations en plus des 925 armoires de commande hors manifestations.