Des millions investis dans les bâtiments, mais désormais un nouveau paramètre à intégrer pleinement : la chaleur. À l’occasion de son point presse de rentrée, Jérôme Durain a réaffirmé la place accordée aux lycées dans les politiques de la Région Bourgogne-Franche-Comté. « Notre jeunesse, c’est quand même notre principale richesse », insiste son président. Une priorité qu’il décline autour de trois verbes : « émanciper, protéger et former les citoyens ».
Le premier volet passe par le soutien apporté aux familles. La Région maintient notamment la gratuité du transport scolaire, qui représenterait à elle seule près de 1 800 euros d’économies annuelles pour les bénéficiaires. Les moins de 26 ans profitent également du demi-tarif sur le réseau TER. À cela s’ajoutent le financement des ressources pédagogiques et des fournitures obligatoires dans les lycées professionnels.
La restauration reste également au centre des préoccupations. En 2026, 12 000 familles ont bénéficié de la tarification sociale pour la restauration et l’hébergement. La collectivité s’est par ailleurs fixé un objectif : atteindre 75 % de produits locaux et/ou bio dans les assiettes des lycéens d’ici 2028. Une manière, selon Jérôme Durain, d’agir à la fois sur la qualité de l’alimentation et sur les débouchés offerts aux agriculteurs régionaux.
Plusieurs millions engagés dans le Doubs
Cette politique passe aussi par le bâti. Dans le Doubs, plusieurs opérations importantes ont été achevées ou se poursuivent. À Besançon, le lycée Victor-Hugo a bénéficié de la construction d’un service commun de restauration avec le lycée Tristan-Bernard. Une opération de 13,2 millions d’euros, inaugurée en février 2025. Toujours dans la capitale comtoise, la modernisation de l’internat du lycée Louis-Pergaud, pour 15,5 millions d’euros, a été inaugurée en avril dernier.
À Montbéliard, la restructuration du lycée polyvalent Edgar-Faure représente quant à elle 26 millions d’euros. Les travaux sont en cours de finalisation. À Pontarlier, 10,35 millions d’euros sont engagés dans la modernisation et l’extension du service de restauration du lycée Xavier-Marmier. Le lycée professionnel Toussaint-Louverture bénéficie parallèlement du remplacement de ses menuiseries extérieures, pour 300 000 euros.
Enfin, à Besançon, la rénovation des toitures de la demi-pension du lycée Jules-Haag est encore en cours d’études. Le montant annoncé atteint 280 000 euros. Derrière des opérations de dimensions très différentes, la Région entend ainsi poursuivre la modernisation de son patrimoine scolaire.
Le « confort d’été » change la donne
Mais l’été 2026 est venu rappeler une autre nécessité. Après les épisodes de fortes chaleurs, l’adaptation des lycées au changement climatique doit prendre davantage de place dans les futurs investissements. La Région consacre déjà environ 100 millions d’euros par an à son patrimoine scolaire. « On n’a pas attendu la canicule de 2026 pour s’intéresser à ce sujet », défend Jérôme Durain. Avant de reconnaître : « Je pense qu’il faut encore accélérer. »
Parmi les solutions évoquées figurent les protections solaires, la ventilation des salles de classe ou encore la végétalisation. « Il faut qu’on aille plus loin sur la végétalisation », estime le président. La climatisation n’est pas totalement écartée, mais ne doit pas devenir une réponse automatique. « On fera ce qui est utile là où c’est utile », résume-t-il.
Pour la collectivité, il s’agit désormais de compléter une politique historiquement tournée vers le « confort d’hiver » par une véritable réflexion sur le « confort d’été ». Un chantier potentiellement coûteux, alors même que Jérôme Durain alerte sur la situation financière des Régions. Il estime à environ 100 millions d’euros la perte enregistrée par la Bourgogne-Franche-Comté sur les deux derniers exercices. De quoi, selon lui, peser directement sur les capacités d’investissement futures.
































