Pierre Moya, le nouveau recteur de l’académie de Besançon a donné sa première conférence de presse de rentrée, ce vendredi 29 août. Accompagné des différents directeurs académiques des services de l’éducation nationale, dont Samuel Rouzet pour le Doubs, le recteur en a profité pour faire le point sur cette rentrée 2026.
« Une scolarité sans téléphone de la maternelle au lycée », nouveauté de 2026
Parmi les nouveautés de la rentrée 2026 figure l’entrée en vigueur de l’interdiction généralisée des téléphones portables au lycée. Déjà interdits au collège, l’interdiction s’étend désormais aux lycées. Une mesure « prise pour les élèves afin de les protéger de cette addiction au téléphone portable« , a souligné le recteur. Son application nécessite cependant une organisation particulière pour les établissements et pose un certain nombre de questions concrètes. « Il va y avoir quelques semaines d’adaptation pour discuter avec l’ensemble des parties prenantes afin que les choses se mettent en place. Il va notamment falloir modifier les règlements intérieurs des établissements« , précise le recteur. Quelques aménagements à l’interdiction seront toutefois accordés aux élèves, notamment pour les internes, les usages pédagogiques et les paiements à la cantine.
La protection contre les violences sexuelles, priorité de l’Education Nationale
Autre dossier majeur en cette rentrée, notamment en raison de l’actualité : la protection des élèves sur les sujets des violences sexuelles. Un véritable enjeu de société qui se répercute directement sur les priorités du rectorat. « Selon les chiffres dont on dispose, on estime qu’il y a en moyenne trois élèves par classe qui subissent des violences sexuelles. » a précisé le recteur. D’où la nécessité pour l’Éducation nationale de prendre à bras-le-corps cette problématique. « L’école doit rester un lieu sûr et de confiance« , a insisté Pierre Moya.
Dans les faits, cette priorité se concrétisera par une série de mesures portant notamment sur la formation des personnels à la détection et à la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Autre mesure annoncée par le ministre cet été et mise en œuvre par le rectorat avant la Toussaint : la diffusion généralisée d’un questionnaire sur les violences sexuelles. Enfin, le recteur a annoncé sa volonté de former davantage de personnels de l’Éducation nationale afin que les trois séances obligatoires d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) soient effectivement dispensées aux élèves de l’académie. « La priorité est de former davantage de personnels pour que ces séances soient réalisées« , a annoncé le recteur.
191 460 élèves prévus pour la rentrée 2026
L’académie de Besançon accueillera, pour cette rentrée 2026, plus de 191 400 élèves, soit 2 670 de moins qu’en 2025. Cette baisse démographique ne cesse d’ailleurs de se confirmer au niveau du rectorat. « D’ici dix ans, nous aurons perdu plus de 30 000 élèves« , a annoncé Pierre Moya. « Il faut anticiper cette baisse démographique et regarder avec l’ensemble des parties prenantes quel réseau scolaire nous souhaitons mettre en place pour nos élèves. » Cette baisse démographique pourrait d’ailleurs permettre à l’Éducation nationale de poursuivre sa politique de réduction du nombre moyen d’élèves par classe, tout en conservant le nombre d’enseignants. Questionné à ce sujet, le recteur a plutôt souhaité mettre en avant les résultats obtenus. « Le nombre moyen d’élèves par classe continue de baisser. Nous atteignons 20,7 élèves par classe dans le 1er degré. » Pour autant, la tendance semble moins favorable dans le secondaire, avec une moyenne de 24,6 élèves par classe au collège et de 29,6 au lycée.
« Il y aura bien un enseignant devant chaque élève à la rentrée »
Pour la rentrée 2026, le nouveau recteur l’assure : il y aura bien un enseignant devant chaque élève. « Nous sommes l’une des académies les plus performantes en matière de remplacement. Malgré ces résultats, le remplacement reste une priorité. » Pour cela, Pierre Moya a insisté sur la nécessité de disposer de remplaçants « tout au long de l’année« .
Des résultats satisfaisants mais perfectibles
Le recteur a également souhaité mettre en avant les résultats satisfaisants des élèves dans l’académie. Pour autant, le nouvel homme fort de l’Éducation nationale dans l’académie a soulevé deux points qu’il souhaite particulièrement développer cette année. Tout d’abord, la maîtrise du langage et la lecture à voix haute. « Nous avons une marge de progression dans ce domaine. La maîtrise du langage est indispensable pour que les élèves puissent avoir un avenir convenable. Or, aujourd’hui, cette maîtrise est perfectible et nous allons déployer nos efforts sur cet aspect pédagogique. » Autre priorité pour cette rentrée 2026 : redonner du sens à l’orientation et aux ambitions des élèves.





























