« Charles Grandmougin, l’auteur du Christ, est à la Franche-Comté ce que Brizeux fut à la Bretagne, ce que sont Jean Aicard à la Provence, Vicaire à la Bresse, Theuriet à la Lorraine », estimait un certain Ernest Figurey dans une brève biographie publiée dans Rouen-Artiste du 1er janvier 1894, concluant même : « Voilà pourquoi d’ores et déjà, Charles Grandmougin est le poète national de la Franche-Comté. » (n°95, p. 2.) Malgré cela, combien de Francs-Comtois le connaissent aujourd’hui encore ? Pourquoi suscite-t-il si peu d’intérêt ?
« On sait que la pièce l’Empereur, de notre compatriote Grandmougin, vient d’être jouée sur différentes scènes du Jura, notamment à Dole « , soulignait un rédacteur anonyme du journal Le Petit Comtois dans l’édition du 22 septembre 1896 (n°4750, p. 3), ajoutant : « Les journaux du département se montrent très favorables dans leurs appréciations et leurs critiques sont rares. » Né à Vesoul en 1850, cet écrivain, célèbre en son temps, était particulièrement talentueux ! « Charles Grandmougin, est l’un des poètes les plus estimés de ce temps« , notait L’Universel-Mode du 12 septembre 1891 (a. 2, n°11, p. 47).
Alors âgé de vingt ans au début de la guerre franco-prussienne (1870-1871), il combattit pour la défense de la patrie. « Après la guerre, il entra comme rédacteur dans les bureaux du ministère de la [Guerre], où nous le trouvons encore aujourd’hui « , expliquait Ernest Figurey à la fin du XIXe siècle. Au cours de sa carrière, plusieurs de ses poèmes furent mis en musique. En 1874, il publia Les Siestes. Il créa aussi des pièces de théâtre, comme L’Enfant Jésus.
Il devint chevalier de la Légion d’honneur en 1896. Ce grand homme décéda en 1930.
La Franche-Comté, à laquelle il tenait, est présente dans plusieurs de ses œuvres. Élément assez émouvant : tout un chacun peut écouter sa voix sur Gallica ! « À la Franche-Comté, pays de la verdure intense et des eaux vives… »

























